mercredi 6 avril 2016

Les #QAG qu'on entendra pas cette après-midi à l'@AssembleeNat

Difficultés face à des organisations syndicales étudiantes de gauche, mise en oeuvre du discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy, polémique sur des propos racistes, guerres multiples aux quatre coins du monde, et évidemment, échec sur le chômage et sur la dette publique sans oublier une attaque sans précédent sur les libertés civiles : qui eut cru que le gouvernement Valls-Hollande ferait pire que le quinquennat précédent ? 
Vous direz, c'était écrit, inscrit dans les mensonges de campagne de Hollande en 2012, et vous auriez raison ! Mais il reste 1 an, une longue année, avant que l'on puisse renvoyer les socialistes de gauche chez Pole Emploi. En attendant, l’exécutif français est toujours dirigé par Manuel Valls et son équipe, car ni le ridicule, ni la preuve de l'incompétence n'atteignent les politiques. Il est donc du devoir du corps législatif, représentant les citoyens, que d'exercer avec attention sa mission de contrôle du gouvernement. Dans ce contexte, entendrons nous cette après-midi les questions au gouvernement (#QAG) suivantes ?  


  • Question au Ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault : Monsieur le Ministre, les révélations concernant le scandale des Panama Papers fait du bruit. Certes, ouvrir une société écran au Panama n'est pas forcément illégal, et il convient à présent que la justice fasse son travail. Mais parmi les noms cités, est apparu celui du prince héritier d'Arabie Saoudite Mohammed ben Nayef, alias "la légion d'honneur de la honte". Allez-vous, Monsieur le Ministre, formuler des excuses auprès du peuple français, pour cet épisode malheureux de réal politik sur fond de gros contrats de ventes d'armes aux Saoudiens, ou bien pensez-vous que les emplois de l'armement valent cette humiliation ? 

  • Question au Ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve : Monsieur le Ministre, il y a quelques années encore, le Parti Socialiste s'émouvait du traitement parfois limite de l'immigration, quand un président d'une "autre couleur politique" (encore que ?) que la votre occupait l'Elysée. Aujourd'hui, on apprend que non seulement la sinistrement célèbre ZAPI 3 de l'aéroport Charles de Gaulle Etoile a retenu pendant 12 jours un gamin de 8 ans, mais qu'en plus la Préfecture (vos services) a fait appel de l'ord. du juge des libertés et de la détention pour pouvoir maintenir enfermé ce gamin. Monsieur le Ministre, une seule question, que se passe t-il exactement ? 

  • Question au Garde des sceaux, ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas : Monsieur le Ministre, quelle surprise, le ministère de la Justice manque de moyens ! On veut bien accepter que la com' ait ses "trucs", comme le fait de proclamer de grands discours quand on feint de découvrir les choses, mais le fait est que nous n'avons pas compris, au delà du constat, ce que vous comptiez faire pour redresser la situation. Monsieur le Ministre, de quel arbitrage budgétaire favorable allez-vous bénéficier, et comment seront allouées ces ressources supplémentaires ? Bien qu'il vous reste peu de temps avant 2017, allez-vous quand même, notamment, vous lancer dans un programme de construction de prisons neuves et de rénovation des prisons les plus anciennes, indignes et surpeuplées ?  

  • Question au premier ministre, Manuel Valls : Monsieur le Premier Ministre, il semble que vous ayez laissé tomber la lutte contre le chômage et l'amélioration de l'économie du pays, puisque, selon vous, «Il y a l’économie et le chômage, mais l’essentiel, c’est la bataille culturelle et identitaire» et notamment la lutte contre le salafisme. On n'ose imaginer quels remous ce genre de déclarations auraient provoqué si un responsable de la droite, ou, pire, de l'extrême droite, avait osé les tenir en public.
    Mais, le point positif, c'est que le recentrage sur vos nouvelles priorités vous permettent de dégager du temps libre. Ainsi, en plus de Premier Ministre, vous vous occcupez maintenant de l'Ayraultport de Notre Dame des Landes ? Allez-vous aussi lancer un plan pour la lutte contre l'illettrisme chez les adultes ? Un rapport de plus d’une centaine de pages, rendu public mardi 5 avril par trois inspecteurs généraux des ponts, des eaux et des forêts, missionnés par la ministre de l’environnement, vous permet de conclure que Notre Dame des Landes est un bon projet
    Problème : les trois experts ont affirmé : « Manuel Valls lit mal notre rapport s’il dit que Notre-Dame-des-Landes est le bon projet. Ce n’est pas notre opinion».
    Monsieur le Premier Ministre, vos troubles de lecture ne seraient-ils pas le signe que vous avez besoin de vacances ?

  • Question à la Ministre de la culture, Audrey Azoulay : Madame la Ministre, il y a 5 jours, vous avez rencontré l'ambassadrice des Etats Unis en France.
    Madame l'ambassadrice vous a t-elle expliqué qu'il n'y avait pas de ministère de la culture aux Etats Unis ni dans aucun des 50 états fédérés ? Il semble pourtant que la culture américaine, au sens populaire ou bien au sens classique du terme, n'ait pas été empêchée de se diffuser ?
    Qu'en concluez-vous sur l'utilité de votre ministère, Madame la Ministre ? 

  • Question à la Ministre des Affaires sociales, de la Santé, Marisol Touraine : Madame la Ministre, Le RSI a mis ses assurés dans un tel état que même le gouvernement admet qu'il doit disparaître. La tentation est de l'aligner sur le régime général, monopole tout aussi médiocre et largement déficitaire. Que dites-vous, comme le propose les libéraux, de profiter de ce basculement pour ouvrir l'assurance santé à une concurrence libre ?  

  • Question au Secrétaire d'État au Budget, Christian Eckert : Monsieur le Ministre, la journaliste de France 2, Elise Lucet, vous a reçu dans le cadre de son émission Cash Investigation consacrée aux "Panama Papers". Vous vous êtes engagé à lutter contre l'optimisation fiscale. Avez-vous demandé à la journaliste de France 2 si elle était contente de sa niche fiscale de journaliste ? 

Ne nous y trompons pas. Pendant qu'on discute des Panama Papers et autres leaks, l'administration profite à 100% des possibilités que la loi offre aux agents de l'Etat : consulter les comptes bancaires des gens (Loi de programmation militaire), faire des perquisitions sans juges (Etat d'urgence), violenter des manifestants, qu'ils soit Veilleurs ou Nuit Debout (présomption de culpabilité des citoyens accusés d'outrage à agent) etc, etc. Combien de temps, encore ?



Episodes précédents



Les #QAG qu'on entendra pas cette après-midi à l'@AssembleeNat 17 novembre 2015

mardi 5 avril 2016

Football, rugby : attention à la bulle des stades en Ile de France !

Pas trop branché football, surtout en ce qui concerne les petits matchs locaux ?

Alors sans doute le derby parisien, le match Red Star de Saint Ouen contre le Paris FC, vous aura échappé. Pour info, c'est le Paris FC qui a remporté ce derby (rencontre sportive entre deux villes géographiquement voisines) face au Red Star, à Beauvais (2-4).



Le fait qu'il y ait trois clubs franciliens qui évoluent en Ligue 2, l’US Créteil-Lusitanos, le Paris FC, et le Red Star est un peu exceptionnel, surtout quand on pense que le Red Star pourrait monter en Ligue 1, la division dans laquelle les grands clubs comme le PSG jouent. Et après 32 journées de Championnat, le Red Star est 5e à deux points du podium (1) et donc de la montrée en Ligue 1. 

Or, le problème, et il s'est illustré avec ce match entre deux clubs francilien joué en Picardie, c'est que le stade du Red Star, le Stade Bauer, situé à Saint Ouen juste derrière le périf, est vétuste, à tel point que les autorités interdisent d'y jouer. 

C'est la que le contribuable, celui qui n'aime pas forcément le football, ou même celui qui aime le foot mais qui n'a pas envie de payer des dizaines de millions pour des stades occupés au mieux une fois par semaine, intervient.

Chaque fan de foot vous dira : un club, c'est une équipe, et un stade. Et pas n'importe quel stade. Tous les stades ne se prêtent pas de manière optimale à la pratique du football, (bien que les Brésiliens, pour ne citer qu'eux, ont crée parmi les meilleurs joueurs du monde, sur de simples terrains vagues). Par exemple, le stade Charlety, dans le XIIIeme arr, stade du Paris FC, n'est pas un stade de foot, et la fréquentation s'en ressent : le Paris FC ne fait jamais le plein. Le problème, c'est que construire un stade coûte très cher. 

A Saint Ouen, depuis 2014, un maire UDI, William Delannoy, tente de redresser les finances de sa ville qui avait été gérée par le Parti Communiste Français depuis 1945. En 69 ans, entre 1945 et 2014, trois maires communistes se sont succédés à la tête de Saint Ouen. Ils ont eu le temps de mettre en oeuvre leur politique. Leur successeur, William Delannoy, a décidé qu'il vallait mieux détruire un stade devenu dangereux et, en plus, plombé par l'amiante, et ne pas consacrer 20 millions d'euros à la reconstruction d'un stade. Mais il ne s'est pas contenté de faire du blocage : il a aussi avancé une solution en formulant la proposition suivante aux dirigeants du Red Star : une signature de convention de bail emphytéotique. «La ville de Saint Ouen aurait mis le foncier à disposition du club pour 1 € symbolique de loyer par an, sur une durée à déterminer. Après, ensuite, le Red Star aurait eu à trouver les partenaires financiers pour construire un stade.

Quelle est la réaction des diverses parties prenantes impliquées dans le dossier ? Celle de Vikash Dhorasso, ancien joueur des Bleus et soutien d'Anne Hidalgo, est édifiante (3). Face au plan du maire de Saint Ouen de ne pas mettre d'argent public dans le Red Star, Vikash Dhorasso parle carrément de "position radicale". Au modèle Lyonnais de club de foot privé, et coté en bourse, Vikash Dhorasso préférerait le modèle niçois "dans lesquels les collectivités territoriales se sont engagées et ont participé au financement". 
On croit rêver ! peut-on rappeler que l'Allianz Arena de Nice est un gouffre financier à la charge des contribuables locaux (4) en plus d'être un désastre écologique ?
Vikash Dhorasso rappelle le palmarès et l'historique du club, pour envisager un rôle "social" de "réaménagement de tout un quartier", tout en envisageant que le Red Star corresponde à une demande en football en région parisienne. C'est très possible qu'il ait raison. Après tout, le Red Star est une marque forte, et l'Ile de France est notoirement sous dotée en clubs de foot de haut niveau, surtout en comparaison du nombre d'équipe Ligue 1 ou Ligue 2 à Londres (5). Mais si  Vikash Dhorasso croit tellement au potentiel fédérateur du Red Star, pourquoi ne se sert-il pas de sa notoriété pour lever des fonds ? Les plateformes de crowdfunding sont la pour ca !



La remarque vaut aussi pour le rugby. Face au Stade Français et au Racing 92, les londoniens alignent les London Irish, les London Wasps, les Saracens, les London Welsh, ...

Mais face à ce retard francilien, est ce qu'il faut que les contribuables soient sollicités ? En ce moment, grâce au Conseil Départemental des Hauts de Seine, le Racing 92 se construit l'Arena 92, à la Défense (6). 
Faut-il que les contribuables financent également, contre l'avis de la Cour des Comptes, un stade de rugby de 80000 places (mais soutenu par seulement 40000 fans) dans l'Essonne (7) ? En ce qui concerne ce stade en Essonne, il s'agit d'un projet évalué à 600 millions d'euros, "au montage financier risqué" et "à la rentabilité incertaine", que Manuel Valls, Premier Ministre et conseiller municipal d'Evry veut classer comme "contrat d'intérêt national" (8),
En ce qui concerne le stade de rugby, la Cour des Comptes est très claire : elle conseille de "mettre à profit la période restant jusqu'en 2017 pour rechercher avec la FFR des alternatives à son projet de construction".
Pourquoi Manuel Valls ne lit-il pas ses rapports ? 

C'est quand même paradoxal que des socialistes, des gens a priori opposés à la privatisation des gains et à la socialisation des pertes, soutiennent tous ces projets de stade. 

Peut-être qu'on manque de bons stades de football et de rugby en région parisienne, mais les contribuables ont déjà sur les bras le gouffre du Stade de France. Alors, stop ou encore ?




(5) Liberation Foot : Londres et le désert parisien 17 février 2015
(6) Le Parisien Le conseil général vole au secours de l'Arena 6 juillet 2013


lundi 4 avril 2016

Que l'arbre PanamaPapers ne cache pas la forêt des enfers fiscaux

Le buzz du jour ! Le Monde (1), et quelques autres journaux associés à la publication des  Panama Papers, nous livrent les infos suivantes : Vladimir Poutine est un milliardaire qui a moyennement confiance en le système bancaire de son pays, Jérome Cahuzac était décidément bien placé pour être le ministre anti- fraude fiscale (mais François Hollande ne savait rien, juré !), Michel Platini a bien dû encaisser ses primes de millions de francs suisses quelque part, et ça n'était pas sur son PEL à la Banque Postale, etc etc. 

Bref, parmi les ultra riches (HNWI, dans le jargon du private banking), il y a des gens qui franchissent la ligne jaune de la "défiscalisation", celle qui sépare les oeuvres d'arts (non prises en compte dans l'ISF), la non fiscalisation de l'IRFM des députés, les investissements dans les DOM-TOM, la possession de PME dans les zones de revitalisation rurale (ZRR), la niche fiscale des journalistes des comptes au Panama ou des montages offshores douteux. 

L'info est choquante, mais surtout pour UNE catégorie particulière de personnes mentionnées comme étant des fraudeurs : comment se fait-il que des politiciens, ceux qui votent ce déluge d’impôts qui accablent des pays comme la France, la Belgique ou la Scandinavie pour ne parler que d'eux, donc comment se fait-il que ces politiciens mettent "leur" argent ailleurs ? (Et il est important de mettre des guillemets à "leurs", car on parle en fait de l'argent du contribuable, de notre argent, donc). Et quand ces politiciens se disent "patriotes", on tombe dans le LOL WTF le plus complet. 

Mais peut-être que la réponse tient dans le niveau d'information : ces politiciens sont très bien placés pour savoir que si il y a des paradis fiscaux comme le Panama, c'est qu'il y a des enfers fiscaux comme la France. Ils sont bien placés, ces politiciens, pour savoir que la France ne survivrait pas sans l'existence de ces soupapes de sécurité que sont le Luxembourg, Andorre, Monaco ou les niches fiscales ?
Car, à un moment, il faut quand même dire les choses comme elles sont : parce que les politiciens passent leur temps à financer avec l'argent de tous des mesures destinées à quelques uns, en espérant que les contribuables ne se révoltent pas, nous avons fini par atteindre un niveau critique. Nous sommes à un niveau de dépense publique de 57% par rapport au PIB (2). Et tout ça pour quoi ? Pour  faire fonctionner des écoles publiques désastreuses ? Pour ne pas être capable d'avoir un système carcéral qui respecte la dignité humaine ? Pour financer des guerres "contre le terrorisme" ? 

Quand est-ce qu'on rappellera que le Liechtenstein, le Panama ou les Iles Vierges ne font de guerre contre personne et ne cherchent pas à imposer leurs législations aux autres (FATCA (3), on en parle ?).

Nous les français, pour ne parler que de nous, sommes libres de décider qu'ils veulent une sécurité sociale (même si les paramètres démographiques qui ont présidé à sa création en 1945 ont tellement bougé qu'ils rendent le concept caduc). On peut aussi vouloir que  que l'Etat se préoccupe de produire de l'électricité ou d'opérer des réseaux de téléphonie mobile ou accepter que le Conseil Général de Corrèze distribue des gadgets électroniques aux enfants. Mais, en admettant que nous voulions vraiment tout cela, pourquoi les autres pays devraient-ils tenir compte de nos propres décisions budgétaires et donc fiscales ? 

Plutôt que de construire des Murs de Berlin fiscaux (comme l'exit tax crée par Fillon en 2012) et de pointer les autres pays, demandons nous plutôt comment faire de la France un paradis fiscal pour tous, pas juste pour les Qataris qui, eux, n'ont pas besoin de mettre leur argent au Panama.

Entre la folie taxatoire et les menaces sur l'existence du cash, certains ont choisi des solutions hasardeuses et illégales du type Panama Papers. Dommage, ils auraient pu s'organiser pour militer en faveur de l'arrêt de la progression des dépenses publiques, partout dans le monde, et en faveur de l'adoption de systèmes fiscaux simples et justes, type flat tax. Leurs fraudes vont maintenant servir à tous les étatistes interventionnistes de tout poil pour justifier un tour de vis liberticide supplémentaire. Ils seront d'autant plus enclins à agir en toute impunité que même le libre accès de la police et de la Sécurité Sociale aux comptes bancaires des gens ne mobilise pas. Combien de temps avant que le ministre des finances, Michel Sapin, pour ne citer que lui, nous annonce de nouvelles mesures de contrôle de tous (Sauf des entreprises publiques détenues par l'Etat et qui opèrent dans les pays qualifiés de paradis fiscaux (4) ) ? 
Egalement publié sur Contrepoints

En tout cas, l'affaires des Panama Papers permet de rappeler que, partout dans le monde, se pose la question du "contrat social" entre contribuables, notamment les plus aisés, et les états.

dimanche 3 avril 2016

Aversion pour la démocratie : Anne Hidalgo ne se cache même plus !

Il y a quelque chose de comique à constater que l'actuelle majorité, malgré toutes ses nuances (frondeur ou pas) se retrouve sur un point : une certaine aversion pour la démocratie, mâtinée de très hypocrites plaidoyers pour la préservation de la démocratie.

En clair, ces propos, tenues surtout par ceux qui amalgament république et démocratie (comme si le royaume de Norvège était une dictature et la république populaire de Chine une démocratie), ça donne ce genre d'analyses :


"Le combat contre le FN est un combat pour la démocratie"

A comparer avec cette autre petite phrase de la maire de Paris


c'est disponible en replay, ici, sur le site web de France Inter et ces mots ont vraiment été prononcés par la maire socialiste de Paris. 

Le contexte de cette petite phrase, c'est les milliards d'euros qu'Anne Hidalgo et le gouvernement s’apprêtent à dépenser afin de financer les Jeux Olympiques 2024 à Paris, jeux qui n'étaient même pas au programme de la campagne municipale de 2014.
Mieux : une partie de la majorité municipale, les écolos d'EELV, ne veulent pas des Jeux Olympiques et demandent, comme le Front de Gauche, comme une partie de la droite parisienne, comme les libéraux, au minimum un référendum afin de mettre les Parisiens et les Franciliens au courant de ce qui les attend. 


A quel moment Anne Hidalgo a oublié ses cours d'instruction civique, notamment le chapitre qui dit "Le droit de vote est à la base de la démocratie. Le droit de vote permet aux citoyens d’exprimer leur volonté. Ils peuvent ainsi élire leurs représentants (parlementaires) et leurs gouvernants (président de la République), et participer directement à la prise de décision politique lorsqu’un texte est présenté à leur approbation par la voie du référendum.". 
Si Anne Hidalgo a zappé ce détail du droit de vote condition de base (mais non suffisante) de la démocratie, qu'elle consulte le très officiel site web "la vie publique", paragraphe citoyenneté.  

Le plus drôle pire, c'est qu'Anne Hidalgo est-elle même victime d'un certain mépris pour la démocratie, provenant de François Hollande lui-même. 

En effet, quand le Président de la République, chef de l’exécutif, occupé à mener quelques guerres aux quatre coins du monde ou à valider les restrictions de liberté avec l'état d'urgence, se pique d'urbanisme et a pour prétention de régler, seul, le futur de l'Ile de la Cité, dans le centre de Paris, que fait-il, si ce n'est oublier qu'il existe un maire d'arrondissement, le socialiste Christophe Girard, une maire de la capitale, Anne Hidalgo, et 2 millions et quelques de parisiens qui ont sans doute plus de légitimité à s'exprimer sur le futur de leur ville que l'ex maire de Tulle ? 

Le locataire du 55 rue du Faubourg Saint Honoré se plait, à chaque élection, à rappeler aux contribuables qu'il est de Tulle, pas de Paris. Pourquoi Anne Hidalgo ne le lui rappelle pas ? 
Peut-être parce qu'elle même ne semble, d'après ses dires et ses actes, que partiellement d'accord avec les principes de démocratie et de subsidiarité ? 

La petite phrase d'Anne Hidalgo a été prononcée dans un contexte : celui d'une série de prises de distance de l'oligarchie vis a vis du peuple. Quand les gouvernants ne respectent pas le résultat des votes (cf le référendum de 2005), quand ils imaginent le vote à bulletin secret des députés, ou quand ils restreignent les conditions d'accès à l'élection présidentielle, il devient un peu difficile, pour ces mêmes gouvernants, de s'étonner de la montée du populisme ...

Anne Hidalgo ne cesse de répéter que le projet des Jeux Olympiques en 2024 à Paris est un bon projet, malgré l'impact environnemental, juridique et financier à attendre. Qu'elle face donc appel à l'intelligence des citoyens, qu'elle organise un référendum en bonne et due forme, et non pas ces ridicules "consultations" (3) auxquelles il n'est possible de de répondre "oui". 



(2) Ouest France Régionales. François Hollande a voté à Tulle 13 décembre 2015 
(3) Paris.fr Pour 2024, faites vos Jeux ! 14 septembre 2015 14 septembre 2015


vendredi 1 avril 2016

1er avril : bien vu, la RATP !