mardi 22 juillet 2014

Tuez le messager !

Pour Pierre Gattaz, le patron du Medef, "la situation du pays est catastrophique", "proche de la liquidation". L'interview du Figaro a été largement commentée, du Parisien à RTL, en passant par Mediapart. Les réponses les plus épiques et surréalistes sont sans doutes celles de Jean-Claude Mailly, de Force Ouvrière (1), ou inénarrable Christian Eckert (2)  

Mais que répond François Hollande, le Président de la République ? Que Pierre Gattaz a raison ? Que quand on est à presque 100% de dette/PIB, 4% de déficits publics, 0.5% de croissance, 3 millions de chômeurs, on essaye de faire profil bas et on réfléchit à sa politique ? 
Non. Il affirme que Pierre Gattaz doit changer de ton.



Hollande a texto dit à des journalistes "Ce n'est pas la première fois qu'il a ce type de déclarations. Il y a un problème de langage, ce langage-là doit changer."

Déjà, sur la forme, chacun reconnaîtra le "baisse les yeux" caractéristique des gens au profil agressif qu'on peut parfois croiser dans les couloirs du RER ;-) ou à l'Assemblée Nationale (4). De quel droit le Président de la République intime t-il l'ordre à Pierre Gattaz de changer de langage ? Du droit du plus fort ? 





On l'a bien compris. Au sein de l’exécutif en mode panique, l'heure est à l'invective plus qu'au débat de fond.

Ensuite, sur le fond, justement, on se rend compte à quel point le Président Hollande se moque du monde. Partons du principe que le Président de la République, diplômé d'HEC et de l'ENA, certes socialiste donc dogmatique mais néanmoins doté de deux yeux, deux oreilles et un cerveau, sait lire et écouter, notamment les chroniques de sa nouvelle conseillère, Laurence Boone (5). Gageons aussi le fait que François Hollande a entendu les prédictions économiques de son ami Dominique Strauss-Kahn (6). Autrement dit, même si Hollande et ses ministres en charge des affaires économiques, Valls, Montebourg et Eckert, n'ont pas (re)lu Hayek (7), ils ne peuvent pas ne pas savoir que le rôle de l'Etat doit se limiter au fait de mettre en place un environnement économique, fiscal et social favorable aux entrepreneurs, et non pas tenter de diriger l'économie ou même de favoriser la croissance économique.


Toutefois, la prise de parole de François Hollande permet de rappeler que Pierre Gattaz, lui aussi, a un énorme problème : non seulement il a fait une énorme erreur de communication, avec son badge "1 million d'emploi", mais il a aussi et surtout un problème de représentativité. 
En effet, le Medef a beau être une association d'entrepreneurs (plutôt à la tête d'entreprises plus grosses, plus anciennes et moins dynamiques que ceux d'autres organismes patronaux comme la CGPME ou Croissance Plus), il n'est pas aux entreprises ce que le ministère de la fonction publique est aux fonctionnaires; Pierre Gattaz aura beau négocier tous les pactes du monde, le Medef n'a aucun moyen de forcer ou même d'inciter les entreprises à créer un million d'emploi, ou même 10 000. Les emplois ne sont pas un but des entreprises, ce sont des moyens. Le but des entreprises est de faire du profit. Créer des emplois sont un des moyens, parfois, pour parvenir à ce but. Ni Gattaz ni Hollande ne peuvent ignorer cela. 

Autrement dit, Hollande donne à Gattaz l'importance qu'il n'a pas, pour se dédouaner à l'avance de l'échec 100%  prévisible du pacte de responsabilité. Cette stratégie du bouc émissaire, disons le, est un peu cheap. Pourtant, Hollande avait le choix d'une autre stratégie. Il pouvait par exemple choisir d'arrêter le massacre ultra étatiste, plutôt que de continuer à ménager la chèvre et le chou. Mais il est clair que jusqu'à présent, le président Hollande est en droite ligne avec sa campagne électorale de 2012, fondée sur le mensonge et la politique de l'autruche. La seule chose qui "rassure", c'est qu'en 1979, le Royaume Uni était dans un état voisin de celui de la France de 2014. Alors, même si le Président Hollande choisit de tuer le messager Gattaz et de mettre la poussière sous le tapis, certes les problèmes ne disparaîtront pas, mais les solutions non plus. les solutions, on les connait. Elles s’appellent liberté pour les entrepreneurs.



(1) L'Express l'Entreprise Mailly (FO): Gattaz se situe "entre thatchérisme et poujadisme" 21 juillet 2014
(2) Public Sénat Situation économique de la France «catastrophique» ? 21 juillet 2014 

lundi 21 juillet 2014

Exigeons la démission de Jacques Boutault, maire EELV du 75002 !

Jacques Boutault, le maire Europe Ecologie les Verts du 2eme arrondissement, membre de la coalition d'Anne Hidalgo, était à la manif interdite par la préfecture de police de Paris, samedi.

Encore une fois, dans un pays totalement démocratique et non pas juste républicain au sens socialiste du terme, la manif aurait été autorisée. 
Mais puisqu'elle était interdite, est-il acceptable que des élus de la république, de représentants de la loi, des officiers d'état civil en écharpe tricolore, s'y soient rendus ? 

On peut répondre oui, au nom du droit à chacun d'exprimer ses opinions. Mais dans ce cas, déjà, pourquoi faire partie d'une coalition de gauche pour qui la liberté d'opinion doit être subordonnée à la défense des valeurs républicaines, au sens socialiste du terme ? 
Et puis, surtout, comment réconcilier cette liberté d'opinion avec les précédentes prises de position de Jacques Boutault contre les "apéros saucissons-pinard (1) ou contre un bus peint aux couleurs de la Manif pour tous (2) 

Si vous êtes d'accord avec cette analyse et que vous aussi, vous demandez :

  • la démission de Jacques Boutault
  • une réaction urgente d'Anne Hidalgo, maire de Paris
  • la révocation du préfet de police de Paris, Bernard Boucault, puisque ce dernier est incapable d'assurer l'ordre de Barbès au Troca, etc
  • la tenue de nouvelles élections dans le 2eme arr

Alors retweetez le tweet d'Hélène Delsol. 


De toutes façons, au delà même du fond de l'affaire (la guerre entre Israël et la Palestine), l’exécutif parisien, dont Jacques Boutault fait partie, n'a t-il pas mieux à faire ? Par exemple, trouver 400 millions d'euros pour le prochain exercice budgétaire, informer les parisiens sur la dérive financière de la Philarmonie ou des Halles, trouver des idées pour faire de Paris une ville propre ? 
Hidalgo, Boutault et ses amis avaient tant reproché à l'UMP et à NKM de se tromper de campagne, en ne se concentrant pas sur les sujets locaux. Pourquoi ne s'appliquent-ils pas à eux-mêmes cette remarque ?

Alors, si  Jacques Boutault n'est pas intéressé par les agressions et l'insécurité à Bonne Nouvelle mais préfère se rendre à des manif interdites, qu'il le dise ! D'autres feront mieux le job de maire du 2eme arr que lui.



(1) Jacques Boutault Pas d’apéro anti-islam dans le 2e !  27 octobre 2010
(2) Le Huff Post Un bus de la manif pour tous sillonne déjà les rues de Paris: le maire du 2e demande son interdiction 20 mars 2013

dimanche 20 juillet 2014

On interdit quand, le PCF et le NPA, Manuel Valls ?

Hier, samedi 19 juillet 2014, le quartier de Barbès, dans le XVIIIeme arr, a été le théatre de manifestations, et de certaines violences.
Pourtant, cette manifestation avait été interdite par la Préfecture de Police (2) ! 


Autrement dit, celles et ceux qui ont participé à cette manifestation se sont mis en infraction par rapport à la loi.  

On pourrait objecter que ce n'est pas à la police, à la justice administrative et au gouvernement de décréter que telle ou telle manif n'est pas autorisée, certes. 
Mais dans ce cas, il faut un minimum de cohérence et se demander pourquoi il n'y avait personne, ou presque, pour rappeler que Dieudonné et ses fans ont eu aussi le droit de se réunir, même pour exprimer des choses qui ne plaisent pas au gouvernement ou à tel ou tel. 

On pourrait se dire : les manifestants n'ont pas eu vent de la communication de la Préfecture de Police de Paris. Après tout, même si nul n'est censé ignorer la loi, on sait tous qu'en pratique, c'est difficile de tout savoir. Par contre, ceux qui sont vraiment censés ne pas ignorer la loi, ce sont les législateurs eux-même. Prenez Patrick le Hyaric.
Patrick le Hyaric est directeur de L'Humanité, un journal subventionné parmi d'autres, mais qui en plus a bénéficié du fait du prince, le Parti Socialiste, en voyant une dette de 4 millions d'euros effacée par un simple amendement adopté en pleine nuit par le PS.
Patrick le Hyaric est aussi et surtout député au Parlement européen, et membre du Parti Communiste.
Or, ce législateur était à la manif "interdite", hier.


Comment un responsable politique, un élu, peut volontairement aller contre la loi ?
Cela signifie t-il que Patrick le Hyaric ne considère plus l'actuel gouvernement, et l'administration qu'il dirige, comme illégitime ? 

La gauche et l'extrême gauche passent leur temps à faire des proçès en anti-républicanisme envers ceux qui ne partagent pas leur point de vue. Sans même juger du sujet de la manifestation, qui au passage ne concerne pas la France (nous ne sommes ni israéliens ni palestiniens), comment peut-on accepter ce double discours de délégitimation des institutions publiques combiné à une apparence de respect des lois ? 

Dans un passé récent, et de manière assez vaine d'ailleurs, Manuel Valls a annoncé la dissolution de deux groupes d'extrême droite, en  rappelant « la volonté du président de la République d'apaiser» et «de faire en sorte que la loi soit respectée par tous» et en ajoutant «Il n'y a pas de place dans notre pays pour la haine, la xénophobie, l'antisémitisme ou des actes antimusulmans» (4). Ces dissolutions, largement suggérées par le leader de l'extrême gauche, Jean-Luc Mélenchon (5), sont vaines car évidemment, dissoudre un groupe ne signifie pas en finir avec ses idées.

Mais si Manuel Valls gouverne selon un principe de cohérence, alors il devait logiquement prononcer la dissolution de deux groupuscules d'extrême gauche impliqués dans la manifestation de samedi à Barbès, le PCF et le NPA. 


La balle est dans le camp de ce grand républicain qu'est Manuel Valls. 
Evidemment, dans un pays démocratique attaché à la liberté d'expression et recentré sur ses seules missions régaliennes (police, justice, armée, diplomatie), la manifestation aurait été autorisée ET la police aurait su assurer sa mission de maintien de l'ordre.





(4) Le Figaro Deux groupes d'extrême droite dissous 24 juillet 2013

samedi 19 juillet 2014

Le Président Hollande apporte la démocratie en Afrique


http://www.afriscoop.net/journal/spip.php?article12573

Ca vaut bien la peine de tenir des discours bidon sur la nécessité d'envoyer l'armée française en Afrique pour sauver la démocratie, si, comme sur les Champs Elysées, on arrête à Niger les opposants à Hollande !

vendredi 18 juillet 2014

@pierremoscovici candidat à un poste de commissaire Européen ??

Egalement publié par Contrepoints


Pierre Moscovici, vous connaissez.

C'est un homme politique français (1), socialiste et ancien de la ligue communiste révolutionnaire. Il est âgé de 56 ans et il a été ministre de l'économie entre le 16 mai 2012 et 31 mars 2014, soit pendant presque 2 ans.
l'ex ministre de l'économie
Pierre Moscovici

Durant cette période, le chômage a progressé, contrairement à l'engagement de François Hollande d'"inverse la courbe", les déficits en % en PIB se sont maintenus au dessus des 3%, des nouveaux impôts et taxes ont été crées ou relevé, et la croissance a été atone. Certes, Pierre Moscovici n'était que l’exécutant, chargé de mettre en musique une partition impossible écrite par son chef, François Hollande. Et certes également, tout ne dépend pas du ministre de l'économie (2). Son rôle devrait être, non pas de laisser croire que François Hollande est autre chose qu'un cynique ou un incompétent, mais de créer un environnement favorable aux entrepreneurs (stabilité fiscale et juridique, notamment). 

Mais ce qu'on peut affirmer sans erreur, c'est qu'en tant que ministre de l'économie, le bilan de Pierre Moscovici, pourtant parfait représentant de l'élite française (DEA de philosophie, diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po) et de l’ENA (promotion Louise Michel (1982-1984)), est mauvais.

Question : comment, avec des résultats pareils, le président Hollande ose t-il proposer la candidature de Pierre Moscovici à un poste de commissaire Européen ? Parce que l'autre candidature française, Elisabeth Guigou, n'est guère plus attrayante (3) ?
Quid de personnes compétentes mais qui n'ont apparemment pas fait acte de candidature ? On peut penser à Sylvie Goulard (4), par exemple ?
En tout cas, si l'objectif de Jean-Claude Juncker est de redonner du dynamisme à l'Europe, il ne nommera ni Moscovici ni Guigou. Mais si son objectif est autre ...
Et delà même des calculs de tels ou tels, les électeurs Européens ont été clairs. Ils ont donné une majorité aux conservateurs. Des socialistes n'ont donc absolument rien à faire dans l’exécutif Européen. 

(4) Le Parisien Libéral Sylvie Goulard, députée Européenne, interviewée sur BFM 16 juillet 2013