vendredi 22 mai 2015

AirBnB Paris vs AirBnB London !

Ah ah ah, pauvres moujiks électeurs des arrondissements 1 à 5 et 10 à 12 ! Ils pensaient élire des démocrates bon teint à la tête de l’exécutif parisien, ils se retrouvent avec des commissaires politiques communistes assumés qui traquent le koulak qui ose louer son appartement sur AirBnB (1). 

Et oui, camarades, on ne peut pas dire, pourtant, que vous n'étiez pas prévenus ! Souvenez-vous du post du 27 mai 2014, "AirBnB : ces parisiens, de gauche, qui vont comprendre leur douleur". 

Alors, vous direz : il faut bien lutter contre ces locations sauvages qui raréfient l'offre de logement dans la capitale, ne sont pas déclarées, au fisc notamment, et génèrent trop de va et vient. D'ailleurs, Ian Brossat, l'adjoint communiste à la mairie de Paris, en charge du logement, le dit lui-même : ce sont les riverains qui sont les principaux pourvoyeurs de plaintes contre les appartement AirBnB. 
Vous direz également : Barcelone lutte bien contre ces sous-locations, alors pourquoi pas Paris ? 

Soit. 

Mais à votre avis, pourquoi AirBnB marche si bien à Paris ? N'est ce pas parce que l'offre hôtelière est saturée ? Les taux de remplissages des hôtels parisiens ne sont-ils pas en cause, qu'ils soient liés à l'industrie des congrès professionnels, à l'attrait touristique de la capitale ou, pour le bas de gamme, au scandale des locations, aux frais des contribuables, de chambres à prix d'or et à la limite de la salubrité, fournies aux sans-papiers ? 
Autrement dit, le succès de AirBnB n'est-il pas tout simplement la réponse que le marché fournit à un besoin ? 

Peut-être que les méchants propriétaires qui louaient sur AirBnB choisiront de passer à la location classique, plutôt que de devenir de vrais hôteliers. Mais pensez-vous vraiment, dans ce cas, qu'ils seront enclins à entretenir leur bien, surtout si le rendement locatif est contraint par les lois sur le blocage des loyers ? Ou alors, la situation actuelle perdurera : pour se prémunir contre les risques, la sélection (des années  de fiches de paye, les avis d'imposition, etc) sera encore plus forte, et seuls les hauts fonctionnaires genre Agnès Saal (2) (très haut salaire et totale sécurité de l'emploi ...) parviendront à se loger !

Franchement, en jouant aux inspecteurs du fisc, la mairie de Paris s'engage dans une voie qui ne se révélera pas être à l'avantage des parisiens. Alors que la capitale, et Anne Hidalgo, ouvre les yeux et note que l'alternative existe. 
Apparemment, à 2 heures et quelques d'Eurostar d'ici, ils ont une toute autre approche : ils dérégulent" et autorisent les londoniens à louer librement leur logement, ou une propriété, jusqu'à 90 jours par an sans risquer une amende, ou avoir besoin de demander une autorisation.



Oui vous avez bien lu (3) : Quand Paris lutte contre Airbnb, Londres l'accueille à bras ouvert (et Airbnb sait dire merci). 

Et oui les amis, il n'y a pas de fatalité à ce que, comme dirait H16,  des fonctionnaires sachent mieux que des propriétaires  ce qui est bon pour leur logement (4) !  
Mais bon, si ce sont les touristes qui nous gênent, il faut le dire. Après tout, ils ne sont juste que ceux qui font vivre les employés de Roissy Charles de Gaulle, le Louvre, Louis Vuitton, Eurodisney ou tous ces cafés et restos si charmants du Marais, n'est ce pas ? 

Pour conclure, juste un chiffre : il y a 100 000 français à Londres. Demandez leur si ils sont tous SDF,au pays de l'ultra libéralisme giga capitaliste et méchant, ou bien si c'est plus facile de se loger à Londres qu'en Socialie, à Paris. 



(4) H16 AirBnB à Paris, ça suffit à la fin ! 22 mai 2015. 

mardi 19 mai 2015

Les #QAG qu'on n'entendra pas cette après-midi à l'@AssembleeNat

Préserver les libertés civiles en rejetant la loi renseignement ? Lutter contre les comités Théodule qui fleurissent et ne meurent pas ? mettre la dépense publique sous contrôle ? Pas vraiment la priorité des élus qui, de gauche à droite, du PS à l'UMP, préparent des congrès. Non que cet aspect de la vie politique soit inutile : en effet, une clarification idéologique des uns et des autres aiderait à avancer. Mais force est de constater que les français ne sont pas intéressés par le nom de la motion qui gagnera à gauche ou par l’intérêt de renommer l'UMP. 
Ils préféreraient avoir des réponses sur l'usage de l'argent public, en ce jour où les contribuables ont jusqu'à ce soir pour remplir leur déclaration. 
Alors, est-ce que les députés, membres du corps législatif, vont faire leur travail de contrôle de l'exécutif ? Voyons s'ils posent les questions au gouvernement suivantes : 


  • Question au premier ministre, Manuel Valls : Monsieur le Premier Ministre, un certain nombre de membres de votre gouvernement, dont vous même, étiez au festival de Cannes ce week end. Pourquoi ? Dans quel but ? Les contribuables jugeront. Mais au delà de la polémique, il est avéré qu'un certain nombre de festivaliers que vous avez côtoyé sont intéressés par l'acquisition et la consommation de cannabis, comme en atteste le guide publié par un média hollywoodien (1). Alors que votre guerre contre la drogue tue, de Marseille à Saint Ouen, allez-vous admettre qu'il est peut être temps de s'engager sur une autre voie, celle de la régulation, à la place de la prohibition qui ne marche pas (2) ? 

  • Question à la ministre de l'Education Nationale,  Najat Belkacem : Madame la Ministre, la réforme du collège  et des collèges que vous proposez est rejetée par tous, de Mélenchon à Chevenement, en passant par jean-Marc Ayrault, le SNES-FSU ou d'autres encore. Pourquoi ne pas en profiter pour suivre les recommandations d'autonomisation accrue des collèges (3) afin de laisser plus de Céline Alvarez (4) émerger au niveau local ? 

  • Question au ministre de la défense, Jean-Yves le Drian : Monsieur le Ministre, le Charles de Gaulle achève une mission de 3 mois de bombardement de l'Etat Islamique en Irak et au Levant. Au vu de cette mission et de toutes les autres dans lesquelles l'armée française est engagée, allez-vous proposer un débat sur les OPEX devant le parlement ou bien, comme sous la précédente majorité (UMP), les élus et les citoyens devront-ils se contenter d'avaliser l'idée que nous sommes en guerre contre un nombre croissant de pays, sans que nous ayons notre mot à dire ? 

  • Question à Christiane Taubira, garde des Sceaux : Madame la Ministre, allez-vous continuer, au vu du dernier tweet de la ligue des droits de l'homme, que la gauche, c'est le respect des Roms et la rupture avec Hortefeux ? 


Le gouvernement se fait très discret sur la baisse des dépenses publiques, le respect des libertés civiles, la refonte de l'Etat (sur ses seules missions régaliennes) ou l'implication dans une politique fédérale européenne. Députés, reveillez-le !





(2) Génération Libre On refait le monde, avec Gaspard Koenig 14 mai 2015 
(3) Parti Libéral Démocrate Réforme du college : nivellement par le bas 



Episodes précédents 





lundi 18 mai 2015

Qui incarne les idées libérales ?

Avez-vous vu ce sondage sur la perception du libéralisme en France ? Il est certes inquiétant pour les libéraux, mais aussi et surtout pour les français, car ils souligne à quel point nos concitoyens se font une idée fausse du libéralisme.

Un socialiste de droite (Nicolas Sarkozy), un deuxième socialiste de droite (Alain Juppé), un jacobin autoritaire (Manuel Valls), et une extrémiste de droite dont le programme économique est calqué sur celui de l'extrême gauche de Mélenchon (Marine le Pen) : le sondage de l''Opinion montre que les libéraux, c'est à dire ceux qui veulent moins d'Etat et plus de libertés, ont encore beaucoup de travail. 

En quoi Nicolas Sarkozy ne serait-il pas libéral ? C'est simple. D'une part, c'est lui même qui le dit : une de ses déclarations phares, c'est le célèbre « Le rêve français, c'est une France où la réussite est au service de la solidarité. » (1) qui trahit son étatisme. Ensuite, en 5 ans de pouvoir, voir 10, il n'y a quasiment pas eu de mesures libérales, en dehors du statut de l'auto entrepreneur et de l'autonomie des universités (2). Et encore tout récemment, Sarkozy n'a t-il pas appelé à voter en faveur de la loi renseignement poussée par Urvoas, Valls et Cazeneuve ? En 2012, les libéraux n'ont pas voté pour celui qui a déclaré qu'il n'était pas libéral et qu'il ne partageait pas les ideaux de liberté et de responsabilité chers à Alain Madelin (3). Ce qui était vrai en 2006 (4) est resté vrai en 2011 (5).

En ce qui concerne Marine le Pen, sa présence dans ce classement est encore plus risible. Elle et son conseiller Florian Philippot se réclament du "Chevenementisme", et proposent un état fort dans tous les domaines, pas du tout restreint à la gestion des missions régalienne. Gaspard Koenig a comparé le programme officiel du Front national à celui du Front de gauche. Ils sont en grande partie interchangeables (6) !

Le libéralisme, c’est une philosophie politique née au siècle des lumières et affirmant la propriété de soi : c'est-à-dire  le droit à la vie et à la sûreté, le droit à la liberté, le droit à la propriété (7).

Celles et ceux qui incarnent le libéralisme, c'est évidemment les personnalités du Parti Libéral Démocrate (Aurélien Véron, Anne Bourdu, Louis-Marie Bachelot, Ivanne Poussier,  Arnaud Dassier, Christine Singer, Thierry Tsagalos, Nelly GuetYassin Lamaoui ...), l'écrivain Gaspard Koenig et les centristes tels que  l'ancien premier ministre belge Guy Verhofstadt, l'élu UDI parisien Christian Saint-Etienne, l'UMP Hervé Novelli, la députée européenne Modem Sylvie Goulard, le politologue Dominique Reynié, la députée UMP Laure de la Raudière, le député UDI Hervé Morin ou le sénateur maire PS de Lyon Gérard Collomb.

Il faut vraiment que les français soient totalement désinformés par l'antilibéralisme de l'UMP, du PS et des deux Fronts (de Gauche et National) pour qu'ils assimilent Valls, le Pen ou Sarkozy à  Margaret Thatcher ou à Alain Madelin. Il est vrai que dans un pays que certains n'hésitent pas à qualifier d'ultra libéral ... malgré les 57% du PIB qui passent par la dépense publique !
Heureusement qu'au niveau Européen, le libéralisme est bien représenté, de la Pologne (Donald Tusk président du Conseil européen) aux Pays Bas (Mark Rutte, premier ministre), en passant par le Royaume Uni (8), comme ça, la droite et la gauche française pourront voir qu'il existe bien une alternative au socialisme et au dirigisme. 

Mais alors, direz-vous, la présidentielle 2017 ? Mais la réponse est simple : le focus sur la présidentielle n'a aucun sens. Une des raisons pour laquelle la France est aussi socialiste, c'est son attachement à la monarchie républicaine et au jacobinisme (9). C'est pourquoi, en 2017 comme en 2012, les libéraux voteront surement soit blanc à la présidentielle, soit pour le candidat qui promet le moins d'interventionnisme (c'est difficile d'en trouver) mais surtout pour un réseau d'élus locaux et européens prêts à être de vrais contre-pouvoirs face à la toute puissance dévastatrice d'un Etat hors de contrôle. 


(1) Wikiberal Nicolas Sarkozy
(3) Le Cercle des Libéraux Nicolas Sarkozy, qu'en pensent les libéraux 
(4) Le Libéralisme Expliqué Sarkozy libéral ? 2 novembre 2006
(5) Nouvelles de France Ces libéraux qui ne voteront pas pour Nicolas Sarkozy en 2012 17 novembre 2011
(6) Génération Libre Read  Le FN, parti Hard Left 23 février 2014
(7) Dantou Le libéralisme pour les nuls 
(8) Le blog du Duff La réélection triomphale de David Cameron est une leçon et pas seulement à la droite française 8 mai 2015
(9) Contrepoints « Poison présidentiel » de Ghislaine Ottenheimer 15 mai 2015