mercredi 29 juillet 2015

Beigbeider coupe les ponts avec les libéraux


L'ancien membre du Parti Radical puis de l'UMP n'aurait donc aucun état d'âme à soutenir Marxine le Pen ? 
Pour soutenir le programme économique d'extrême gauche du Front National (1), il faut vraiment ne plus savoir où on en est. 

Que les questions sociétales importent à certains, nul ne saurait le reprocher, pas plus qu'on ne saurait critiquer outre mesure les positions authentiquement conservatrices (et non pas libérales) que défendent des gens comme Charles Beigbeider mais aussi François Fillon ou Marion Maréchal le Pen. Mais qu'ils ne s'y trompent pas : le national socialisme n'est pas un conservatisme, c'est bien un socialisme. Quand bien même Marxine le Pen aurait pris ses distances avec son père, au profit du programme ultra étatiste et chevenementiste de Florian Philippot, en réalité, on ne sait pas ce qu'elle pense sur le sujet, comme en atteste son absence totale de communication sur la Manif Pour Tous (2)  (à la différence de sa nièce). 

On peut aussi comprendre le concept selon lequel le Parti Socialiste étant régulièrement associé aux extrémistes de gauche du Front de Gauche (Hollande élu avec les voix de l'extrémiste Mélenchon, ou Anne Hidalgo qui gère Paris avec les communistes), il faudrait envisager des ponts entre le Front National et les Républicains. Mais la encore, il y a de gros bémols : d'une part, le FN ne veut pas collaborer avec les Républicains, il veut les tuer. D'autre part, les socialistes n'ont pas tellement eu à se forcer pour collaborer avec des communistes puisque c'est en réalité tout notre pays qui, depuis le programme du CNR, est influencé à divers niveaux par le communisme. 

Donc, n'avoir aucun état d’âme à soutenir Marxine le Pen, une personnalité volontairement floue sur les sujets sociétaux et dont la stratégie n'est pas exactement coopérative, c'est pour le moins osé. 

Quoi qu'il en soit, bon vent à Charles Beigbeider avec ses nouveaux amis !




mardi 28 juillet 2015

Au vu des chiffres du chômage, Hollande devrait démissionner

Comment le président Hollande peut-il envisager si, en ce qui concerne la prochaine présidentielle en 2017, il y a encore matière à réflexion ?
En ce qui concerne sa candidature, les choses sont claires : il ne devrait même plus y penser ! Explications.

Souvenons-nous. Lors du débat du 2 mai 2012, le candidat Hollande avait reproché, à juste titre, à l'ancien président de la République, de se trouver des excuses (La crise, m'sieurs dames !) pour expliquer pourquoi il n'avait pas fait baissé le chômage :

«Avec vous c'est très simple, ce n'est jamais de votre faute , vous avez toujours un bouc-émissaire», accuse François Hollande qui charge le bilan de Nicolas Sarkozy en matière de chômage. (1)


Une fois élu, pour en finir avec le sarkozysme (guerres de l'OTAN, bling bling, échec en économie, scandales politico-financiers), le président Hollande avait fait une promesse très claire, le 9 septembre 2012 : "inverser la courbe "d'ici un an" (2).
Cette promesse a été réitérée le 3, le 21 et le 31 décembre 2012, puis le 23 février et le 3 mai 2013.

Mieux : le 6 novembre 2014, le Président Hollande disait qu'à moins d'une baisse du chômage, il ne se représenterait pas.


Preuve s'il en fallait du fait qu'il croyait (?) en ses propos ?

Nous sommes en Juillet 2015. Pour les guerres de l'OTAN, c'est raté, la France est engagée sur un nombre record de théatres d'opérations, sans que cela ne fasse l'objet du moindre débat au parlement, alors qu'il y a 7 ans, Hollande déposait des motions de censure contre la politique de son prédécesseur en la matière (3).
Pour le bling bling, n'en parlons pas. La Lanterne est désormais un squatt présidentiel (4), Air Sarko One tourne à plein régime au lieu d'avoir été revendu (5), l'Elysée, un bâtiment public, sert toujours à régler des affaires privées (6),
Les scandales politico-financiers ? Ils seront la marque de fabrique du quinquennat. Faut-il rappeler Cahuzac, Andrieux, Guerini, Augier ou Morelle ? 

Mais en matière d'économie, et plus particulièrement sur le chômage, les chiffres sont encore plus implacables. 
Il y avait 2,9 millions de chômeurs catégorie A en France en mai 2012, il y en a actuellement 3,5 millions, toujours en catégorie A (6 millions toutes catégories confondues) et ce malgré les radiations de Pole Emploi ou malgré les révisions des méthodes de calcul (7). 


Autrement dit, il n'y a pas d'inversion de la courbe, et à moins qu'au moins 600 000 emplois soient crées en France d'ici à 2017, il n'y aura toujours pas d'inversion de la courbe.

Dans ce contexte, comment le président Hollande peut-il avoir l'outrecuidance de penser qu'il pourrait être candidat à la présidentielle de 2017 (8) ?
On se rappelle ce que disaient les socialistes avant 2012, un peu à l'image de ce tweet de Ségolène Royal.




Puisque la France n'est ni présidée, ni gouvernée, peut être que celles et ceux qui jouent aux ministres et au président de la république devraient démissionner ?





lundi 27 juillet 2015

Pozzo di Borgo qui vante la politique russe en Crimée

Si on nous avait dit qu'un UDI se montrerait pro russe (1) et qu'à l'inverse, les socialistes seraient le gouvernement le plus atlantiste (bushiste, aurait on envie de dire !) qu'on ait jamais vu en France ...!

En tout cas, le voyage d'Yves Pozzo di Borgo et Claude Goasguen aura une vertu, quelque soit notre opinion sur le sujet : on peut donc être français et à 100% en désaccord avec la politique, notamment en ce qui concerne les affaires étrangères, menée par le gouvernement.

Que l'on ne vienne plus critiquer les uns et les autres sur leur manque d'assimilation des soi-disantes valeurs nationales, celles de "la République", puisque la dissidence s'est glissée jusqu'aux plus hautes sphères.




(1) L'Opinion Yves Pozzo di Borgo, sénateur et provocateur 27 juillet 2015

dimanche 26 juillet 2015

#JeSuisMaroua, ou bien ?

Et si le traitement médiatiques des attentats qui ont secoué la ville de Maroua, dans le nord du Cameroun, donnaient raison à ceux qui, pour des raisons différences, ont dénoncé le Charlysme, je "#JeSuisCharlie" de janvier dernier ?
Rappelez-vous. En janvier dernier, la capitale a été secoué par deux événements, l'un, abusivement appelé attentat, en réalité une vendetta anti Charlie Hebdo dirigée par des musulmans qui protestaient contre les caricatures du prophète Mahommet, et l'autre, une prise d'otage,  attentat antisémite, dans la supérette Hypercasher de la Porte de Vincennes. 
Suite à ces événements,  le pays qui s'était massivement mobilisé en faveur de la liberté d'expression (et non pas en restriction de celle ci ...) et le gouvernement avait alors habilement joué de la confusion que certains tentent d'imposer entre la France (le pays) et la République (le régime) pour faire admettre l'idée que nous étions Tous Charlie. 



Quelques voies s'étaient bien élevées ça ou là pour dire qu'elles n'étaient pas Charlie, notamment chez certains "jeunes de banlieue" ou au sein des médias alternatifs (1), mais une impressionnante coalition gauche/droite politiciens/journalistes (2) s'était chargée du rappel à l'ordre. Et gare à ceux qui, pour une quelconque raison, se sentaient "Charlie Coulibaly" (3). L'heure n'était ni à la provocation, ni aux blagues de mauvais gout. Et tant pis si les journalistes et dessinateurs de Charlie Hebdo détestaient, pour diverses raisons la encore, les institutions, de Manuel Valls au Nasdaq, qui les soutenaient alors.




Par la suite, les actes terroristes n'ont pas cessé. Il y a eu Copenhague en février 2015 (4) et d'autres encore.



Aujourd'hui, il y a Maroua. 


Cet attentat suit un autre, survenu également cette semaine, dont personne n'a parlé. Comme se demande le blogueur et politicien lyonnais Romain Blachier, "Médiatiquement, les camerounais sont-ils une race inférieure " ? (5)

Alors, certes, il y a les règles journalistiques des morts/kilomètre (6) et de la reprise d'une information par d'autres médias, de préférence dit de référence. On préférera toujours parler du décès par accident d'un pilote de Formule 1 des Alpes Maritimes que du décès de 20 personnes sur un marché en Afrique, c'est ainsi, tout comme on parlera toujours plus d'un fait divers qui se passe quelque part aux Etats-Unis plutôt que de la découverte par le CERN d'une nouvelle particule (7).

Il y a aussi l'évident manque de leadership médiatique des dirigeants politiques africains, qui, dictateurs ou non, ont défilé le 11 janvier à Paris ou à l'Elysée. Leur age, leur décalage vis a vis de leurs pays et leur attachement manifeste à la Françafrique que le président Hollande a reconstitué, en dépit des promesses de campagne, constituent probablement les facteurs explicatifs de l'absence de mobilisation autour de slogans tels que Je Suis Maroua ? 



Il y a aussi gène, chez nous, autour de notre politique étrangère. Il y a deux semaines, le président Hollande était au Cameroun. Est-ce que les médias en ont parlé ? Pas vraiment. C'était la canicule, il fallait parler des propos de Ségolène Royal qui suggérait de boire de l'eau quand il fait chaud. Et puis surtout, cela aurait forcé les journalistes à demander à François Hollande si Moi Président compte continuer à inviter des dictateurs à l'Elysée (8), s'il compte expliquer quel sera le rôle du Cameroun dans la guerre contre l'islamisme (9) et si, aujourd'hui, ce pays est victime d'une représailles. 

Bref, puisque nous ne sommes pas Maroua, peut être que tous ceux qui ne se sentaient pas Charlie avaient raison ?
Quoi qu'il en soit, ayons une pensée pour les victimes du terrorisme, qui qu'elles soient, où qu'elles soient.



(1) Boulevard Voltaire Gabrielle Cluzel : "Non, je ne suis pas Charlie !" 7 janvier 2015
(3) Le Monde « Je me sens Charlie Coulibaly »  Dieudonné 4 février 2015 
(5) Romain Blachier Médiatiquement les camerounais sont une race inférieure 22 juillet 2015

samedi 25 juillet 2015

Controler le port d'armes ne ne fera pas baisser les fusillades

"There have been 204 mass shootings — and 204 days — in 2015 so far", dixit le Washington Post. Conclusion à laquelle arriverons certains : il faut mieux contrôler le port d'armes. 
Mais pourquoi ce raisonnement ne colle pas ? 

Prenons notre pays, la France. Le port d'armes y est sévèrement réglementé. Et en dépit d'une passion nationale pour la chasse, les français ne se baladent normalement pas armés. Pourtant, que constatons-nous, sans même mentionner l'attentat de l'Hyper Casher en janvier dernier, et la tuerie de Charlie Hebdo : 



Et puisque la France ne saurait être comparée aux Etats-Unis, mais à un des états fédérés des Etats-Unis, prenons juste, chez nos voisins, au sein de l'UE à 28, quelques cas récents :




Au vu de ces exemples, il est fort à parier que chez nous aussi, il y a probablement eu 204 fusillades en 204 jours.
Le problème ne réside probablement donc pas dans le contrôle des armes.

Et puisque les médias français s'intéressent tant à la violence, ils pourraient interroger le ministre de l'intérieur, de gauche, celui qui est si fier d'expulser plus d'immigrés que son prédécesseur de droite, sur les cas de morts suspectes dans les commissariats français ?
Pourquoi aller dénoncer outre Atlantique ce qui peut hélas arriver chez nous ? En matière de violence, pas besoin d'armes. La bêtise et toute la palette des sentiments humains suffisent.