lundi 31 août 2015

#UEPS : qui aurait cru ?

La politique, c'est du sport !
Le premier ministre Manuel Valls en a encore fourni une illustration vivante, ce midi à la Rochelle, à l'occasion de la clôture de l'université d'été du Parti Socialiste.

En effet, il faut être un sportif de très haut niveau, doté de capacités exceptionnelles, pour tenir le choc d'une université d'été en général, et celle du Parti Socialiste français en 2015 en particulier;

Les militants socialistes, en 2010, notaient que l'UMP mettait en danger (à juste titre) les libertés civiles (1)
Qui aurait cru, il y a quelques mois, que ces mêmes militants iraient jusqu'à applaudir une ministre qui se réjouit de l'adoption de la Loi Renseignement ?


Université d'été 2015 : La République pour la... par PartiSocialiste

(écoutez à 1h17 )
Rappelons quand même que cette ministre expliquait il y a quelques mois que la loi renseignement est aux antipodes de ses idées (2). Des dizaines d'acteurs et d'associations, telles que la Ligue des Droits de l'Homme, Amnesty International, le Conseil de l'Europe, le Syndicat de la Magistrature, la CGT Police, la CNIL (3) pensaient d'ailleurs de même.

Les militants socialistes dénoncent "La montée des populismes en Europe".

Qui aurait cru que le président Hollande lui-même se ferait le porte parole des populistes, en affirmant : «la Commission européenne n’a pas à nous dicter ce que nous avons à faire»  (4). 
Hollande n'est pas seulement président de la république. Il est aussi une des personnalités du PS qui a toujours soutenu le renforcement des institutions européennes, notamment en 2005 avec le Traité Constitutionnel Européen. Il ne peut pas ignorer l'existence, par exemple, du traité de Maastricht, que la France est tenue de respecter. 

On a aussi beaucoup parlé de la droite, à l'UEPS. 




N'importe quel expert en marketing rappelera qu'il ne faut jamais parler de la concurrence, même par périphrase, mais peu importe. Il parait que la gauche est humaniste, mais le fait est que les militants PS soutiennent de facto la politique menée par Hollande, Valls et Cazeneuve.
Qui aurait cru qu'un gouvernement PS se vanterait de faire plus d'expulsions d'immigrés illégaux que la droite ? 


Qui aurait cru qu'un gouvernement PS démantèlerait un campement de clandestins dans le XVIIIeme en employant exactement les mêmes méthodes que le RPR en 1997 à Saint Bernard ? 

Ceux qui ne doivent toujours pas y croire, c'est l'actuelle opposition. Si l'UMP les Républicains, reconduits en 2012, n'avaient fait que 10% de ce que Valls impose au pays, parions sur le fait que nous serions en révolution. Mais quand c'est la gauche qui prend des mesures liberticides ou autoritaires, c'est bien puisque c'est de gauche. Allez comprendre ...



(1) Parti Socialiste Multiplication des fichiers en France : l’UMP met en danger les libertés publiques 6 juillet 2011
(2) Rue 89 Taubira : « La loi renseignement est aux antipodes de mes idées » 8 avril 2015
(3) Le Monde La galaxie des opposants au projet de loi sur le renseignement 1 avril 2015
(4) Parti Socialiste 81  François Hollande: «la Commission européenne n’a pas à nous dicter ce que nous avons à faire» 29 mai 2013


samedi 29 août 2015

Réfugiés : et si on cessait de tergiverser ?

L'immigration a toujours existé. Les hommes se déplacent, vont d'un endroit à un autre, pour des durées plus ou moins longues. Certes, le nomadisme n'est pas généralisé. Il est même minoritaire. En général, il est plus facile pour une personne d'habiter là où elle a son réseau social. 
Mais parfois, la migration n'est plus un choix. Elle devient une nécessité. 

Par exemple, quand pour des raisons complexes qui vous échappent, vous vous retrouvez dans un pays où on bombarde votre maison, où on tue, où on viole et rackette, si, comme la plupart des gens, vous n’êtes ni un expert des combats, ni un pro du maniement d'armes lourdes, si vous en avez les moyens physiques ou financiers, vous cherchez à partir, pour tenter de protéger votre famille ou vous donner un espoir d'avenir. 

C'est la où l'Europe, zone de destination des réfugiés, de Syrie notamment, commet une première erreur : les migrants qui arrivent ne sont pas des pauvres ères, ce sont des gens qui ont réussi à payer des passeurs. Question : pourquoi ne pas lever quelques obstacles aux migrations, les visas notamment, afin de faire en sorte que les réfugiés dépensent leur argent ici, pour s'installer, plutôt qu'au milieu de la mer Méditerranée ? 

Certains diront : les réfugiés, nous ne pouvons pas les accepter car, non seulement nous avons déjà nos propres difficultés (chômage, déficits sociaux), mais en plus, il y a les différences culturelles.

Il faut vraiment, à la fois que nous soyons très incertains de notre identité, et conscients de sa fragilité, pour qu'on considère que 300 000 personnes menacent 60 millions de français. 
C'est vrai que certaines normes qui étaient implicitement considérées comme partagées, telles que l'égalité hommes-femmes (et que donc des médecins hommes peuvent s'occuper de femmes, que les piscines sont mixtes, que jupe n'est pas synonyme de pute). Or, la réalité force à admettre que toute une partie de la population française a un système de valeurs en totale opposition au vivre-ensemble
Mais le problème que nous rencontrons avec l'islam n'est que la conséquence du refus d'ouvrir et de clore, en France, le débat sur la guerre d'Algérie. Il est temps, en effet, de sortir de la repentance, d'en finir avec le marxisme culturel qui entretient le mythe de ces pauvres immigrés maghrébins (et leurs descendants) excusables car héritiers d'une histoire d'exploitation et de noter une fois pour toute que bien qu'il y ait eu des crimes pendant la guerre d'Algérie, nous français de 2015 n'en sommes pas responsable. Evidemment, pour cela, il faudrait que la gauche, notamment, fasse son examen de conscience, elle qui a d'abord dit qu'il fallait coloniser les sauvages puis lutté pour le maintien de l'Algérie en France.
Quand au vivre-ensemble dans son ensemble, s'il est quelque peu heurté, ce n'est pas que de la faute non plus des arabes et des noirs des cités. Quand des députés sifflent Cécile Duflot parce qu'elle porte une robe, quand des français bien "de souche" violent une handicapée mentale, quand des instituteurs pédophiles sévissent dans les classes, peut etre qu'on peut cesser d'accuser "les racailles" ? 
Enfin, si la France se pose tant que questions sur son identité, c'est aussi peut-être parce qu'elle a conscience des énormes différences culturelle qui existent entre les français (ceux qui vivent entre Senlis et Orléans), les Chtis, les Occitans, les Sayoyards, les Basques, les Bretons, les Alsaciens ...
Il est donc clair que tant qu'on entretiendra le mythe jacobin d'une France unitaire de Dunkerque à Perpignan, tout en refusant de parler de cet énorme tabou qu'est la guerre d'Algérie, alors nous continuerons à vivre dans cet étrange mélange de repentance et de quête identitaire. 
Pas exactement les conditions idéales pour, en effet, accueillir des réfugiés en nombre. 

Quand aux difficultés financière qu’entraîneraient l'accueil d'un afflux massif, pourquoi ne pas changer de perspective et au contraire voir l'opportunité d'en finir avec un modèle social français intenable car payé à crédit ? 
Il faut vraiment que les français aient une faible opinion d'eux-mêmes pour qu'ils se sentent menacés, professionnellement parlant notamment, par des gens qui ne parlent pas la langue et qui n'ont pas de contacts dans notre pays. Evidemment, si on en profite pour réouvrir le douloureux dossier des offres d'emplois non pourvues ...
Quand à admettre que l'on puisse croire à la théorie de l'appel d'air (celle qui dit que les immigrés viennent en France pour toucher des allocations et des aides), pourtant contrebalancée par les faits (les migrants préfèrent aller en Angleterre (plutôt libérale) ou en Allemagne (le pays des minijobs, nous dit-on)  ou même en Suède (pas de SMIC) plutôt que chez nous, alors pourquoi ne pas découpler l'accueil des gens de leur éligibilité au système social français ? Pourquoi ne pas leur proposer de leur faire payer eux-mêmes leur assurance sociale, avec l'argent qu'il n'auront pas versé aux passeurs ? Et pourquoi ne pas aller plus loin, à savoir considérer que le SMIC, le RSA, les allocations familiales, les HLM ne sont pas juste des problèmes en cas d'immigration, mais des problèmes tout court, étant donné, rappelons le, que les "performances" sont là : 6 millions de chômeurs, 8 à 10 millions de pauvres, l'exclusion massive des jeunes du marché du travail, un mal logement endémique.
Le problème de la France, ce n'est pas l'immigration, c'est le socialisme et l'héritage communiste, ultra dirigiste du conseil national de la résistance. 

Alors certains répondront : mais si vous aimez tant les migrants, pourquoi vous ne les accueillez pas chez vous ? Ce sont des propos qui ont été tenus par les identitaires d'extrême droite, ou par des socialistes comme Jean-Marie le Guen. 
La réponse est pourtant évidente. Il faut cesser de considérer notre pays comme une vaste copropriété sans propriétaires, une terre de commons où chacun pourrait récolter comme bon lui semble. Voyons plutôt la France comme une addition des propriétés privées, sur lesquelles chacun devrait être libre d'inviter ou de rejeter qui bon lui semble.
Que les migrants soient libres de venir en France, charge à eux de se trouver un logement et du travail. Et que les meilleurs gagnent. 
Ainsi, on aura réconcilié l' exigence de la main tendue vers celui qui souffre, et l'opportunité de réformer notre pays qui en a bien besoin.


vendredi 28 août 2015

L'Eglise et Sciences po face au FN : pourquoi ce n'est rien

Aujourd'hui, si vous voulez rire, allez voir l'édito de Bruno Roger-Petit publié par Challenges : "L'Eglise et Sciences po face au FN: pourquoi c'est un phénomène inquiétant (1)". 

Ce journaliste, qu'on peut sans l'insulter qualifier d'éditocrate au coeur du système médiatique français (diplômé de Sciences Po, il est passé de France Inter à Europe 1 puis à Challenges), s'inquiète de deux nouvelles : d'une part, une section FN est en cours de création à Sciences Po Paris (avec, accrochez vous, des anciens UMP, des anciens PS et des anciens FDG (2), ce qui valide la thèse UMPS que le FN dit critiquer), et, d'autre part, la députée FN Marion Maréchal-Le Pen est attendue à l'université d'été de la Sainte-Baume, une manifestation organisée par le diocèse de Fréjus-Toulon (3), ce qui émeut d'ailleurs l'ensemble de la presse. Notons qu'il y aura également à cette université d'été un député PS et une députée UMP, mais passons. 

Déjà, on peut se demander pourquoi une école comme Sciences Po n'avait pas de section FN. Cet établissement ne forme t-il pas des futurs hauts fonctionnaires, et ne rassemble t-il pas des gens que la politique, au sens large, intéresse ? Comment peut-on penser qu'il puisse exister des énarques extrémistes de gauche ou de droite mais qu'ils n'aient pas de relais à Sciences Po ?
Et comment peut on, également, accepter l'idée que les extrémistes de la gauche de l'extrême gauche (4) soient représentés à Sciences Po, mais pas les extrémistes de droite ? 
Par simple souci de pluralité des idées, il était logique que le Front National s'implante à Sciences Po, tout comme le Front de Gauche (5) y est acclimaté.  
Si on veut dénoncer l'extrémisme, alors dénonçons tous les extrémismes. C'est juste de rappeler la filiation idéologique du FN (encore que les différences sont énormes entre les différents courants du FN) mais n'oublions pas de rappeler également celles du FDG, héritier du communisme. 

Ensuite, c'est franchement comique de voir ce journaliste s'inquiéter de l'impact de discussions tenues dans le cadre d'une réunion organisée par le diocèse de Fréjus-Toulon. 
Actuellement, il y a moins de 5% des français qui fréquentent les églises. Etant donné qu'il y a un peu plus d'un million d'habitants dans le diocèse de Fréjus-Toulon, on peut donc estimer qu'il y a 55 000 personnes qui suivent  Mgr Dominique Rey. Cinquante cinq mille personnes ... whaou ! Et pour la plupart, sans doute au dessus de 50 ans de moyenne d'age. C'est sûr que c'est le diocèse de Fréjus-Toulon qui va faire la différence dans la progression du Front National dans le sud ou ailleurs ...! 
La vérité, c'est que des gens comme Bruno Roger-Petit surestiment largement le poids de l'Eglise, ou alors ils regrettent ce qu'elle est devenue : une religion marginale et ultra minoritaire, et qui n'a plus d'impact sur la France. On ne peut pas en même temps se réjouir du fait que "Oui, le mariage hétéro-normé est mort, et avec lui la famille judéo-chrétienne imposée par l'Eglise-institution au tournant du XIIe siècle" (6) et en même temps dire que l'Eglise a un impact sur quoique ce soit : les catholiques, mais aussi les musulmans et les juifs de la Manif pour Tous n'ont pas pu empêcher le président Hollande de réformer le mariage civil en l'ouvrant aux couples gays. Dès lors, pourquoi se préoccuper de ce que, non pas l'Eglise, mais tel ou tel diocèse, serait amener à dire ou faire ?
Au passage, rappelons quand même que Roger Cukierman , le président du CRIF, a jugé que Marine Le Pen était « irréprochable personnellement ». A t-on accusé les juifs de devenir inquiétants ?

En fait, ce qui fait peur, ce sont les idées derrière l'édito de Bruno Roger-Petit, surtout quand il écrit que l’Eglise et Sciences po sont "deux établissements de la société française qui, par destination, devraient s’opposer au Front national" : l'Eglise catholique n'est pas un parti politique, ni même un établissement qui devrait faire ceci ou cela, c'est juste la communauté de ceux qui pensent que Jésus est mort et ressuscité pour annoncer sa bonne nouvelle. Sciences Po, elle, est une école dépolitisée, de gens prêts à exercer le pouvoir, quel qu’il soit. On le voit bien dans la dépolitisation relative de tous ces Sciences Po/Enarques qui pourraient aussi bien être ministres d'un gouvernement socialiste de gauche que d'un gouvernement socialiste de droite. Quand au concept de "société", comme disait Margaret Thatcher (7) ... Sous ses dehors "progressistes" (exemple :: soutien à la PMA), Bruno Roger-Petit semble en réalité rêver du monde stable, hiérarchisé, cloisonné et identifiable de la France des années 60.

Critiquer les conséquences, c'est bien. S'attaquer aux causes, c'est mieux. Ce n'est pas lutter contre le FN qu'il faudrait, mais contre la prégnance des idées nationalistes et socialistes parmi nos compatriotes. Or, le FN, ce parti ultra étatiste, et ultra socialiste, est le mieux disant en la matière. Bruno Roger Petit a raison de s'inquiéter de la progression du FN, mais il aurait dû noter, dès 2012 voire auparavant, que les thèmes politiques portés par l'UMP, le PS et le Front de Gauche, vont tous dans le même sens : toujours taper sur Bruxelles (y compris le président Hollande !), refuser le fédéralisme européen, dénoncer  le soi-disant"l'ultra libéralisme" (Mélenchon, le Pen, Sarkozy, le PS évidemment), laisser penser que la France et les français ont besoin d'un homme ou d'une femme providentiel(le), etc, et Bruno Roger-Petit n'a jamais été le dernier à chercher, malgré lui peut-être, à laisser croire que le "modèle social français" doit survivre..



OpinionS : La France sous surveillance ? par Lopinionfr


Qu'on le veuille ou non, le FN, qui a son programme économique aligné sur celui du FDG (8), est désormais le meilleur défenseur de ce "modèle social français" et de tous les mensonges électoraux que son maintien imposera de prononcer. Ses succès proviennent de là. Alors qu'il soit représenté à Sciences Po ou que tel ou tel diocèse l'invite, ce n'est rien, ou plus exactement, c'est la conséquence, pas la cause.
Si, demain, par malheur et suite à la surenchère démagogique, le FN arrive au pouvoir, les anciens de Sciences Po ne quitteront pas la France. Ils mettront leurs compétences au service du parti au pouvoir. Quand à l'Eglise, sa crise (notamment des vocations et de la fréquentation) ne sera pas achevée pour autant.

Evidemment, on pourrait s'imaginer un autre futur, un futur libéral fondé sur la vérité des faits et sur l'idée que les français peuvent se passer d'un Etat omniprésent paré de toutes les vertus. La seule alternative aux idées dirigistes, interventionnistes, nationalistes et socialistes portées à divers degrés par quasiment tous les partis politiques français, c'est celle proposée par le Parti Libéral Démocrate. Les journalistes comme Bruno Roger-Petit ont évidemment un peu de mal à l'admettre.



(6) Le Salon Beige Bruno Roger-Petit croit encore au sens de l''Histoire 17 septembre 2012
(7) Margaret Thatcher quotes "there is no such thing as society"
(8) Contrepoints Front national : un programme économique d’extrême gauche 6 décembre 2014

Le PS utilise des travailleurs low-cost roumains, c'est moins cher

jeudi 27 août 2015

Donald Trump, le cauchemar américain ?

A la une de Libé, ce jeudi : Donald Trump, le cauchemar américain (1). 

Diantre !

Que peut-il bien se passer pour que le quotidien du Marais, celui qui trouve vulgaire rien que l'idée de déménager à Bagnolet (2), parle en ces termes d'un candidat à la primaire des présidentielles aux Etats Unis ? 

Passé la Une, on comprend que Donald Trump a tout du parfait "bon client" de Libé, qui n'y va pas avec le dos de la cuillère : Trump aurait contre lui le fait d'être : 

  • complotiste (car climato-sceptique)
  • menteur compulsif
  • raciste invétéré
  • "connard laqué" au niveau style
  • égotiste vantard
  • beauf multirécidiviste
  • insultant et en "dérapage" permanent
N'en jetez plus !

Le problème, c'est que toutes ces critiques mettent sur le même plan des éléments d'importance différente, sans les mettre en perspective, et dans certains cas, en les faisant tomber à plat. 

Commençons par le climato-scepticisme. Rappelons que la thèse communément admise par la majorité des médias, alimentée par le GIEC, c'est que le réchauffement climatique auquel nous assistons actuellement et qui va faire s'élever le niveau des océans a pour cause l'activité humaine, et non pas une origine naturelle et séculaire. La conclusion des partisans de cette thèse, c'est qu'il faut de toute urgence cesser la consommation d'énergies fossiles et hâter la transition écologique. 
C'est vrai qu'il y a réchauffement. Et c'est vrai aussi qu'une économie décarbonée pourrait présenter bien des avantages, à commencer par le fait d’arrêter de donner de l'argent à la Russie de Poutine ou à l'Arabie Saoudite.
Mais pourquoi les journalistes de Libération n'ont-ils jamais entendu parler ni des falsifications du GIEC (3), ni des intérêts des partisans de la thèse du Peak Oil dans des investissements boursiers dans l'énergie (4)
Enfin, pourquoi sont-ils incapables de comprendre que les Etats-Unis ne sont pas seuls à ne pas vouloir renoncer au confort que procure l'usage des énergies fossiles, il y a aussi et surtout tous les pays moins développés et moins riches que l'Occident, à savoir la Chine, l'Inde et l'Afrique ? Les pays du sud rêvent, eux aussi, de supermarchés ravitaillés par des camions et aux parkings remplis d'automobiles. Et ce n'est ni Libé ni les écolos occidentaux qui vont les empêcher.

Ensuite, Libé explique que Trump est un menteur compulsif. No comment, surtout en ce jour de publication des chiffres du chômage en France. Quand on a pour président de la république François Hollande, celui qui a promis d'"inverser la courbe du chômage", critiquer le mensonge d'autres politiciens, c'est rappeler le proverbe de la paille et de la poutre.

Ensuite, Donald Trump serait un raciste, un "connard laqué" au niveau style, un égotiste vantard et un beauf multirécidiviste. On ne se souvient pas du fait que, la dernière fois où Manuel Valls a fait la Une de Libération, le premier ministre ait eu droit à des qualificatifs similaires, malgré le manque de white, de bancos à Evry, malgré les costumes aux couleurs improbables, malgré l'usage d'un jet privé de la République pour aller voir un match de football.

Les critiques de Libération envers Donald Trump se concentrent sur des aspects secondaires, car au niveau programme, les idées de Trump pourraient avoir le terrible tort de leur plaire. Par exemple, Trump oppose l'économie dite réelle (Main Street) à la finance (Wall Street).   



N'est-ce pas du niveau du discours du Bourget, une sortie pareille ?

La seule critique qui pourrait sonner juste, c'est quand Libération dénonce les propos de Trump sur l'immigration, qu'il veut sérieusement restreindre (enfin, sauf quand il veut se remarier puisqu'il- a épousé une immigrée).

En effet, les Etats Unis d'Amérique sont une terre d'immigration. Les amérindiens n'ont pas demandé de visa aux passagers du Mayflowers. C'est donc plutôt anti américain que de développer une critique de l'immigration, sur une perspective historique. Mais Libération n'ose pas pour autant dire que Donald Trump n'est pas en ligne avec l'histoire et les valeurs de son pays, car, dans la foulée, il faudrait aussi dénoncer les tentatives de doter les Etats-Unis d'un système social proche de celui en vigueur en Europe. Les Etats Unis sont une terre d'immigration, certes, mais aussi une terre de refus du socialisme. L'Obamacare est tout aussi en dehors des valeurs américaines que la régulation de l'immigration. C'est pourquoi le président Reagan a, lui, baissé les dépenses sociales et régularisé massivement des immigrés clandestins en 1986 (6). La, il y a une logique et une cohérence !

En fait, il y a un point sur lequel Libération oublie de critiquer Donald Trump : c'est sur un point clef, antilibéral, de son programme économique. Donald Trump ne veut pas seulement que l'Amérique se protège contre d'éventuels nouveaux immigrés, il veut aussi que l'industrie US bénéficie d'un protectionnisme accru. Pointer cet aspect du programme, un classique au sein de la branche isolationniste du Parti Républicain, obligerait à qualifier de populistes tous les adeptes de ce genre de solutions, y compris au sein de la gauche européenne. Chez nous aussi, de ce coté de l'Atlantique, au Royaume Uni (7) comme en France, nous avons nos adversaires au libéralisme !

La candidature de Donald Trump a au moins une vertu : elle sera financée par le candidat lui-même. Pour le reste, Donald Trump ressemble trop à ses congénères politiciens, prêts à la surenchère verbale afin de se trouver une clientèle. Ceci étant dit, puisqu'on parle de cauchemar, le rêve américain, n'est-ce pas aussi l'idée exactement inverse à celle véhiculée par Jeb Bush et Hillary Clinton, les fils de et femmes de ?



(1) Libération Etats-Unis Trump, candidat primaire 26 août 2015
(2) Libération A nos risques et périph’ 4 mars 2014
(3) Mediapart Climate Gate: nous ment-ont a propos du climat ? 3 décembre 2009
(4) Wikipedia Matthew Simmons
(5) Libération Bush tente de dresser des barrières d'acier 7 juin 2001
(6) Wikipedia Immigration Reform and Control Act of 1986
(6) L'Opinion Comment les démocraties finissent 24 aout 2015

mercredi 26 août 2015

Alors comme ça, Claude Guéant prend le RER ?

Si vous voulez rire un peu (ou pleurer), allez voir l'interview de Claude Guéant, reprise par Le Lab Europe 1


Guéant sur les contrôles dans les trains... par BFMTV


L'ancien ministre (UMP) de l'intérieur, celui qui a avoué qu'il existait des primes en liquide (2) alors que les fonds secrets avaient été soi-disant supprimés, est venu au secours du ministre Front National Parti Socialiste Alain Vidaliès. 
En effet, nouveauté, à gauche, on pense désormais que la discrimination, c'est pas si grave (3). Alors, logiquement, les socialistes de droite de l'UMP/Les Républicains comme Claude Guéant ne peuvent qu'approuver.
En plus d'être d'accord avec le gouvernement, Claude Guéant nous livre une autre information capitale : il a déjà pris le RER ! Oui, un train du réseau express régional d'Ile de France !
Claude Guéant, ancien préfet un peu partout en France métropolitaine et dans les DOM TOM, puis directeur de cabinet et enfin ministre, a donc pris le RER, et il a été contrôlé. 

S'agissait-il d'un contrôle d'identité, ou bien d'un simple contrôle de titre de transport (dont les parisiens usagers des transports savent qu'ils sont de plus en plus assistés de forces de police et même de militaires Vigipirate) ? L'histoire ne le dit pas, pas plus que Claude Guéant ne nous expliquera pourquoi il utilise le RER au lieu de faire comme ses collègues hauts fonctionnaires, prendre des taxis (4). D'ailleurs, y a t-il un RER à Boulogne, la ville dans laquelle Guéant a tenté, en vain, d'être parachuté ? Pas que l'on sache. 

Alors, juste quelques trucs pour Claude Guéant : costume cravate ou pas, tout le monde subit des contrôles de titre de transport dans le métro. Tous ceux qui prennent le RER à la Défense en savent quelque chose. 
De plus, en imaginant qu'il y ait des portiques de sécurité dans les gares françaises (bon courage pour filtrer les centaines de milliers d'usagers quotidiens de la Gare du Nord ...), en quoi cela aurait-il empêché l'incident du Thalys ? Il semble que la France n'ait pas encore annexé Bruxelles, gare de départ du terroriste présumé. Bruxelles, c'est bien en Belgique. 

Enfin, sur sa petite phrase "Certains ont plus une allure de délinquants que d’autres", elle a effectivement un fond de vrai. Les politiciens, UMP comme PS, ont plus souvent une tête de délinquant que les autres français. En effet, quand on voit le casier judiciaire des ministres actuels ou passés, on se dit que Claude Guéant devait forcément penser à son propre milieu, au risque de valider la thèse du tous pourris ? En tout cas, quand un citoyen et contribuable voit un politicien, il a hélas tendance à voir un délinquant (au choix : violeur (5), fraudeur fiscal (6), vendeur de sang contaminé, adepte de l'abus de bien social,  raciste, fraudeur aux subventions (7), conducteur fou amateur d'excès de vitesse, pédophile (8), époux violent (9), bénéficiaire d'emploi fictif, acheteur compulsif de tableaux, faites votre choix (10)). C'est quand même dommage, non ? 

On savait, avec cette affaire d'attaque terroriste déjouée dans le Thalys, qu'on allait assister à un festival de petites phrases clownesques, facepalmesques. Force est de constater que jusqu'à présent, la compétition fait rage. On souhaite bon courage à Claude Guéant. On imagine qu'il préférera peut-être le RER pour se rendre à Nanterre (11) ...


(1) Le Lab Europe 1 Sécurité dans les trains : Claude Guéant raconte ce jour où il a été contrôlé dans le RER 24 août 2015
(2) Sud Ouest Affaire Claude Guéant : un système occulte de primes ? 4 mai 2013
(3) Le Monde Alain Vidalies accusé d’encourager le « délit de sale gueule terroriste » 25 aout 2015
(4) Atlantico Taxis en folie et vols gouvernementaux peu justifiés : ce que pourrait nous révéler un audit global des "menues" dépenses de la fonction publique 18 juin 2015
(5) Le Figaro Le PS gêné par un élu coupable d'agression sexuelle 13 juin 2011
(6) Mediapart Jean-Marie Le Guen a minoré de 700 000 euros son patrimoine 27 juin 2014
(7) Libération Peine aggravée en appel pour la députée ex-PS Sylvie Andrieux 23 septembre 2014
(8) Le Parisien Pédophilie : un élu des Yvelines piégé par l'émission «Les Inflitrés» 7 avril 2010
(9) Le Parisien Violences conjugales : Yacine Chaouat, un secrétaire national du PS forcé de démissionner 21 juin 2015
(10) L'Express Ces élus condamnés et réélus 22 juin 2009
(11) Le Monde Claude Guéant mis en examen pour « faux » et « blanchiment de fraude fiscale » 6 mars 2015

mardi 25 août 2015

Privatisons France Télévisions et supprimons la redevance télé !

Attention !

Non seulement, nous dit BFM TV, le gouvernement planche sur une hausse de 3 à 4 euros de la redevance en 2016 "pour compenser la baisse des subventions à l'audiovisuel public" (autrement dit, la main gauche du fisc remplace la main droite du fisc, dans le but de maintenir constat le montant d'argent mis à la disposition de France Télévision), mais en plus, apprend -on grâce à au blog l'Informaticien,  le ministère de la Culture voudrait que la redevance TV soit étendue  au matériel informatique (tablettes, ordinateurs, smartphones).

Il existe pourtant une solution très simple pour ne pas taxer plus les français : c'est faire en sorte que France Televisions ne soit plus une entreprise publique. Pourquoi, à l'instar de TF1, M6 ou BFM TV, France Televisions ne pourrait pas, soit réduire ses coûts (moins payer ses salariés) soit augmenter ses revenus (par la publicité) ? 

Certains rétorqueront le fait que France Televisions assurerait une sorte de mission de service public et que de fait, il serait "juste" que les français possesseurs de télévisions, mais aussi les usagers de smartphones et tablettes, payent pour cette mission. Mais quel est le programme de France Televisions qui donne à cette chaîne le caractère d'entreprise d'intérêt général ? L'émission de débat "Ce soir ou jamais" ? Il a été démontré que la diversité du panel des invités diminue progressivement. Il est loin le temps où Charles Gave y pouvait rendre hommage à Margaret Thatcher (1). "Plus belle la vie" ? On ne voit pas pourquoi ses 8 millions de téléspectateurs quotidiens n'iraient pas suivre les péripéties du quartier du Mistral sur une autre chaîne TV. "Secrets d'histoire ?" L'extrême gauche, celle qui a voté pour Hollande, dénie à Stéphane Bern le droit de définir librement sa ligne éditoriale (2), 

On voit bien qu'il n'y a pas de raisons objectives à ce que le contribuable continue à financer les rediffusions de Louis la Brocante. Alors, pourquoi le gouvernement ne confie t-il pas un mandat de vente de France Televisions à une banque d'investissements ? Privatisons France Télévisions et supprimons la redevance télé !




(1) Parti Libéral Démocrate Charles Gave parle de Margaret Thatcher dans "Ce soir ou jamais" 13 avril 2013

Charles de Gaulle : "Paris libéré !"

Discours de l'Hôtel de Ville de Paris, 25 août 1944





"Pourquoi voulez-vous que nous dissimulions l'émotion qui nous étreint tous, hommes et femmes, qui sommes ici, chez nous, dans Paris debout pour se libérer et qui a su le faire de ses mains.

Non ! nous ne dissimulerons pas cette émotion profonde et sacrée. Il y a là des minutes qui dépassent chacune de nos pauvres vies.

Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré ! libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l'appui et le concours de la France tout entière, de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle.


Eh bien ! puisque l'ennemi qui tenait Paris a capitulé dans nos mains, la France rentre à Paris, chez elle. Elle y rentre sanglante, mais bien résolue. Elle y rentre, éclairée par l'immense leçon, mais plus certaine que jamais, de ses devoirs et de ses droits.

Je dis d'abord de ses devoirs, et je les résumerai tous en disant que, pour le moment, il s'agit de devoirs de guerre. L'ennemi chancelle mais il n'est pas encore battu. Il reste sur notre sol. Il ne suffira même pas que nous l'ayons, avec le concours de nos chers et admirables alliés, chassé de chez nous pour que nous nous tenions pour satisfaits après ce qui s'est passé. Nous voulons entrer sur son territoire comme il se doit, en vainqueurs. C'est pour cela que l'avant-garde française est entrée à Paris à coups de canon. C'est pour cela que la grande armée française d'Italie a débarqué dans le Midi ! et remonte rapidement la vallée du Rhône. C'est pour cela que nos braves et chères forces de l'intérieur vont s'armer d'armes modernes. C'est pour cette revanche, cette vengeance et cette justice, que nous continuerons de nous battre jusqu'au dernier jour, jusqu'au jour de la victoire totale et complète. Ce devoir de guerre, tous les hommes qui sont ici et tous ceux qui nous entendent en France savent qu'il exige l'unité nationale. Nous autres, qui aurons vécu les plus grandes heures de notre Histoire, nous n'avons pas à vouloir autre chose que de nous montrer, jusqu'à la fin, dignes de la France. Vive la France !"





On remercie évidemment les anglo-américains qui ont rendu cette libération possible. Tout à la joie de voir la capitale libérée de l'occupation nationale socialiste allemande, le général de Gaulle a "oublié" de mentionner le fait que les Alliés ont laissé la 2eme Division Blindée libérer Paris, qui n'était pas un objectif militaire mais symbolique et politique. Le travail, lui, a été fait entre le 6 juin 1944 et la fin juillet, dans le bocage Normand. L'art de la récupération ne date pas d'aujourd'hui ...!
Accordons toutefois à de Gaulle en 1944 d'avoir eu la clairvoyance nécessaire pour éviter une guerre civile. Reste à évaluer le prix de cette clairvoyance ...Nous payons en 2015 les dommages collatéraux du programme du Conseil National de la Résistance.

Toutefois, puisqu'en ce 25 août, jour de la Saint Louis, nous fêtons la libération de Paris, souvenons nous avant tout du sacrifice de toutes les personnes qui ont rendu ce discours "Paris Libéré" possible !

lundi 24 août 2015

Thalys : le pire est-il à venir avec Vidalies et Royal ?

C'était presque à prévoir. Après l'affaire de l'acte terroriste manqué dans le Thalys, les politiciens, experts en propos de circonstance et autres lois de réactions à l'actualité.

Deux exemples : Ségolène Royal et Alain Vidalies.

La ministre de l'écologie, qui a toujours voté en faveur des traités européens, a, en une phrase, signalé qu'elle ignorait la différence entre l'appartenance à la zone Schenghen (le cas du Benelux) et la non appartenance à la zone Schenghen (le cas du Royaume Uni).


Au passage, quelqu'un peut-il signaler à Ségolène Royal qu'elle confond les contrôles douaniers liés au franchissement d'une frontière avec les contrôles de sécurité liés à l'usage d'un long tunnel sous-marin ?

Dans le cas de la ministre de l'écologie, on peut donc clairement parler de propos de type café du commerce.
Ceux du secrétaire d'Etat aux transports sont autrement plus inquiétants.





Que n'aurions-nous entendu si des responsables de droite avaient tenu des propos pareils ?  "Le risque de discrimination existe mais ne doit pas nous empêcher d'agir en matière de contrôles aléatoires [au faciès]".

Est-ce que le but du gouvernement socialiste français est-il vraiment de transformer notre pays et de donner raison aux terroristes, tout en étalant leur haine des libertés ? 

Plutôt que de laisser les terroristes gagner leur guerre, les libéraux comme Ulrich Genisson (1) ou la rédaction de Contrepoints proposent que les français reprennent en main la défense de leurs libertés, notamment en les autorisant à être armés, mais certainement pas un renforcement des pouvoirs de l'Etat liberticide et inefficace. 



Mention spéciale aux fédéralistes de l'UMP/les Républicains ou de l'UDI, bien absents. C'est maintenant que la liberté de circulation des marchandises, des capitaux, des idées mais aussi des hommes a besoin de soutiens !


(1) Radio X Quebec Genisson: Il faut armer les Français !



Sur le même sujet, lire

Le Parisien Libéral Thalys : si vis pacem, para bellum ? 22 août 2015
H16 Thalys : heureusement, l’État nous protège bien ! 23 août 2015

samedi 22 août 2015

Thalys : si vis pacem, para bellum ?

Deux militaires américains qui voyageaient dans un Thalys entre Amsterdam et Paris ont réussi à désarmer un présumé terroriste et à empêcher ce qui aurait pu être un véritable carnage.

Si tout ceci se confirme, cela montrera deux choses.

D'une part, la loi renseignement, liberticide, ne sert à rien pour lutter contre le terrorisme. Chaque jour, des centaines de trains, des RER aux TGV, circulent en France. On ne pourra jamais surveiller toutes les cibles potentielles des terroristes.

D'autre part, il semble que l'utilité des compétences militaires soit établie. Mais si nous sommes en guerre, au lieu d envoyer des troupes au Mali, et si nous devenions, à l'instar de nos amis Suisses ou Israéliens, un pays de gens (mieux) formés aux problématiques d'auto défense, armée ou non ? Sans forcement rétablir le service militaire, il ya une réflexion urgente à  mener.

Bref, et si nous préparions la guerre, afin d'avoir  la paix ?
La pire réaction possible aux incidents survenus hier dans le Thalys serait une annonce du renforcement des moyens alloués a la police. La meilleure serait la promotion des techniques de self defense, assortie d'une réflexion sur la "guerre contre le terrorisme" de Hoĺlande. Qu'on ne vienne pas nous dire qu'il faille des contrôles d'identité ou des détecteurs de métaux dans les Thalys la où nous avons juste besoin de plus de citoyens aussi affûtés et réactifs que les deux Marines d'hier.


jeudi 20 août 2015

Vidéosurveillance: Les Parisiens favorables à plus de caméras dans la capitale, vraiment ?

Alors comme ça, les Franciliens seraient à 94% favorables à l’augmentation des caméras dans les parkings, 93% dans les transports en commun, 86% dans les lieux publics en ville, 82% dans les commerces, 77% sur les routes et autoroutes. Des pourcentages à chaque fois au-dessus de la moyenne nationale. C'est ce que nous affirme un sondage publié par 20 Minutes (1).

Sans doute pensent-ils que la vidéosurveillance va faire diminuer l'insécurité, et, plus encore, le sentiment d'insécurité. Après tout, ne nous dit-on pas que "les 1.130 caméras de notre Plan de "vidéoprotection" (et non pas vidéosurveillance) pour la ville de Paris (PVPP) ont permis 10.000 interpellations depuis leur installation en décembre 2011" ? 

10 000 interpellations ... 

En réalité, nous devrions être très méfiants vis a vis de ce Plan de "vidéoprotection" pour la ville de Paris, pour les raisons suivantes : bien qu'incomplet, il est liberticide.

Déjà, notons que même dans les coins les plus vidéosurveillés de la planète, comme la ville de Londres, il y a quand même de la délinquance. La videosurveillance ne supprime pas la délinquance, elle la déplace, elle la renforce ou elle la transforme en spectacle. 

D'autre part, la video surveillance et la transparence, même la police et la justice n'arrive pas à s'en servir correctement, et ne font pas confiance aux citoyens pour en faire usage. Comment se fait-il, par exemple, que, plus de 6 mois après la tuerie de Charlie Hebdo, nous les citoyens ne disposons toujours pas du film de la fuite des frères Kouachy du coeur du 11eme arr à Pantin, un jour de semaine habituel à Paris ? Mettre en ligne ces images aurait permis de discréditer rapidement et définitivement les propos complotistes sur le sujet, tout en illustrant le fait que la police a beau surveiller la capitale, elle ne peut que réagir à posteriori et non pas empêcher les actes délictueux et criminels.

Enfin, si la video surveillance n'est pas liberticide, pourquoi les citoyens n'ont-ils pas le droit d'aller planter eux-mêmes des caméras de surveillance devant les lieux qu'ils voudraient eux même surveiller : salles de réunion de l'Assemblée Nationale, domicile privé des politiciens et autres lieux où, là, miraculeusement, la vie privée retrouve ses droits ?


mercredi 19 août 2015

Drogues : de plus en plus de "saisies record"

Avez-vous remarqué comme on assiste, en matière de drogue, à un nombre croissant de "saisies record" ?  42,7 tonnes de cannabis en Méditerranée il y a un an, 420 kilos de cocaine à Orly,

Le bon sens pousserait en première approche à se féliciter de ces saisies. Après tout, de la drogue saisie, c'est de la drogue non consommée (enfin, tant que les policiers ne se servent pas dans les scellés ...), et de la drogue non consommée, c'est des gens qui n’abîment pas plus leur santé, des familles qui connaissent un répit, des drogués qui cessent momentanément leurs actes de délinquance commis pour se procurer de l'argent, etc ...

Simplement, les économistes ne parlent pas pour autant de bonnes nouvelles. Ils se disent plutôt que si les saisies record augmentent, c'est que les quantités en circulation augmentent. D'ailleurs, ne remarque t-on pas que ces "saisies record" ne concernent plus uniquement la Seine Saint Denis ou Marseille mais sont aussi désormais situées en Ardèche ou à Brest ?

La lutte contre les stupéfiants et drogues illicites ont beau faire parti du storytelling gouvernemental, peut-être que l'échec de ces politiques devrait conduire à envisager des alternatives, comme, d'une manière ou d'une autre, la légalisation.


mardi 18 août 2015

samedi 15 août 2015

15 Août : bonne fête de l'Assomption à toutes et à tous !


Et en ce jour où l'Europe, de Paris à Częstochowa, et de l'Espagne à la Croatie, va fêter l'Assomption (1) de Marie, ayons une pensée à la fois sur le chemin parcouru mais aussi sur celui qui reste à parcourir pour tenter de faire coïncider les valeurs de l'Europe avec celles liées à ses racines chrétiennes. Cette fête de  l’Assomption de la Vierge, l’une des quatre fêtes catholiques légalement chômées en France (avec Noël, l’Ascension et la Toussaint), manifestant que Marie, au terme de sa vie terrestre a été "élevée à la gloire du ciel" (2). est aussi l'occasion de rappeler que la Vierge Marie est en effet la source d'inspiration du drapeau de l'Europe (3). 
A ce titre, l'Europe et plus spécifiquement l'Union Européenne à 28, dont nous sommes toujours membres malgré les tentations nationalistes des politiciens, a une responsabilité particulière.

Que les responsables politiques tentent de donner aux législations un engagement en terme de Droits de l'Homme, de responsabilité et de liberté que d'aucuns ont perçu par leurs lectures de la Bible, et notamment des Évangiles. Citons à ce titre Nathalie MP, Charles Gave, Thierry Jallas ou encore Marché Gris.

Enfin, saluons l'engagement de l'Eglise en faveur des Chrétiens d'Orient, les héritiers directs des premiers disciples du Christ. Pour les aider, de nombreuses organisations non gouvernementales telles que la Croix Rouge ou l'UNICEF collectent des fonds. 


(1) Eglise Catholique Qu’est-ce que l’Assomption ? 
(2) catholiques à Paris  Fête de l’Assomption de la Vierge

vendredi 14 août 2015

#TelAvivSurSeine à Paris-Plages : Anne Hidalgo n'ose pas aller au bout de sa démarche

300 policiers supplémentaires pour surveiller l'opération Tel Aviv sur Seine !(1) Est-ce que ca en valait la peine ?

Mais prêtons à Anne Hidalgo deux neurones d'intelligence, et imaginons que derrière l'opération Tel Aviv à Paris Plages, la maire de Paris cherche réellement à proposer un modèle alternatif à la subordination classique des villes aux pays auxquels elles appartiennent. En effet, malgré le caractère émotif du contexte du conflit israélo-palestinien, la tribune d'Anne Hidalgo contient des éléments intéressants. Certes, ceux-ci auraient été plus visibles dans le cadre d'Athènes Paris Plages mais la gauche et l'extrême gauche préfèrent combattre Israël plutôt que la Grèce.

Anne Hidalgo nous dit : «Tel Aviv est une ville balnéaire appréciée des noctambules du monde entier (...) ouverte à toutes les minorités, y compris sexuelles, créative, inclusive, en un mot une ville progressiste, détestée à ce titre en Israël par tous les intolérants». «C'est à Tel-Aviv qu'ont lieu les manifestations de solidarité les plus impressionnantes avec la famille de l'enfant palestinien brûlé vif par des fanatiques». «Je ne saurais rendre une ville ou une population comptable de la politique de son gouvernement» (2).

Ces propos n'ont rien d'évidents. Ils ont d'ailleurs immédiatement été critiqués par Claude Goasguen (3), le maire UMP /Les Républicains du XVIeme arrondissement. Il a dit : «Tel-Aviv ne se borne pas à une plage». «Comment peut-on distinguer la ville de Tel-Aviv de l'État d'Israël? La distinction laisse perplexe (...) Je ne crois pas non plus que les habitants de Tel-Aviv aient refusé de défendre leur pays lorsqu'il a été victime des roquettes du Hamas». Autrement dit, pour Claude Goasguen, soutenir Tel Aviv, c'est soutenir Israël.

Qu'est-il passé par la tête d'Anne Hidalgo pour qu'elle expose une telle vision ? Pensait-elle au fait qu'elle est qualifiée de "frondeuse" de facto par une partie de la presse quotidienne (4) ou hebdomadaire (5) et que donc, elle ne se sent pas comptable de la politique de Valls et Hollande ? Avait-elle en tête le défi lancé par le maire du IIeme arrondissement, l'écolo Jacques Boutauld, officier d'état civil et chargé de faire appliquer la loi de par ses fonctions et pourtant recensé comme participant à une manifestation interdite par le pouvoir (6) ? Ou bien pensait-elle à la mairie du XXeme arrondissement, qui agit fréquemment comme un contrepoids au Quai d'Orsay en affichant sur la façade de la mairie ses propres orientations diplomatiques (7) ? 
La maire de Paris, la collectivité locale la plus peuplée et la plus riche de France, vient de tranquillement affirmer qu"on ne saurait rendre une ville ou une population comptable de la politique de son gouvernement". Pourquoi ? 

Le phénomène de prise de distance de certaines villes vis a vis du pouvoir n'a rien de neuf. Pensons par exemple au conflit qui a opposé Etienne Marcel à la royauté, ou à l'autonomie croissante des villes marchandes de Flandres au Moyen Age;
Mais cette problématique a récemment été réactualisée, par le biais des "villes-monde" qui cherchent à être autre chose que de simples municipalités. New York et Paris ne cherchent-elles pas, par exemple, à prendre acte du fait que leurs populations ne sont pas toujours en règle avec les lois sur l'immigration et qu'il faut donc offrir aux sans papiers une alternative aux politiques bureaucratiques gouvernementales (7) ?

C'est donc un vieux débat qu'Anne Hidalgo vient de réactualiser. Mais ses implications peuvent aller bien plus loin que l'analyse de la relation entre villes et états. 
Prenons le cas de la France, son système social payé à crédit, ses guerres en Afrique décidées sans en avoir référé au parlement, ses lois parfois violemment contestées par une partie croissante de la population. Anne Hidalgo, en affirmant que nous ne sommes pas forcément comptables de la politique d'un gouvernement, a t-elle conscience qu'elle s'attaque au principe de la démocratie représentative ? Si tel est le cas, alors cela peut etre une bonne chose. Mais alors, qu'elle en tire quelques conclusions pratiques, comme la mise en place plus fréquente de référendums, à commencer par l'échelon qui est le sien, au niveau de la ville de Paris. Fiscalité, Jeux Olympiques, Tour Triangle ... il y a tant de sujets sur lesquels les parisiens sont comptables malgré eux de la politique de l’exécutif parisien ...!



(4) L'Opinion Anne Hidalgo, frondeuse capitale 10 décembre 2014

jeudi 13 août 2015

#TelAvivSurSeine : incorrigible extrême gauche parisienne

Alors, même au coeur de l'été, et même sur une opération aussi anodine que Paris Plages, il faut que l'extrême gauche, celle qui a voté pour le président Hollande, et celle qui gouverne partiellement avec Anne Hidalgo à Paris, se préoccupe des combats hors sujet ?

La ville de Paris, qui organise la célèbre opération "Paris Plages " ( à ne pas confondre avec Paris Plage, depuis 1882 (1)) a décidé cette année, non pas, une fois de plus, de faire place nette en expulsant les SDF des berges de Seine  (2) (et oui, c'est ça aussi, la gauche), mais de s'associer, dans le cadre des partenariats ponctuels que la mairie est amenée à signer, à la ville de Tel Aviv.

Face à ce partenariat, l'extrême gauche parisienne s'est réveillée. Elle qui est traditionnellement un "soutien" de la "cause palestinienne" ne supporte pas l'idée que la ville de Paris puisse, d'une manière ou d'une autre, donner l'idée qu'une institution française légitime la politique israélienne. Oui, vous avez bien lu, dire "I love Tel Aviv", c'est cautionner le sionisme (qui est, au passage, né à gauche), la lutte d'Israel contre le terrorisme (*) palestinien ou les exactions que Tsahal aurait pu être amenée à commettre. Lisez la tribune de Julien Salingue docteur en science politique et membre du NPA, par exemple (3), celle de Madjid Messaoudene, conseiller municipal délégué à Saint-Denis (93) et militant du Front de Gauche (4) ou les propos d'Alexis Bachelay,  député socialiste des Hauts-de-Seine (5).

La réponse d'Anne Hidalgo face à ses détracteurs est tellement symbolique des contradictions de cette gauche française ultra communautariste. Lisez plutôt la tribune publiée par le Monde :
"Face à Même dans le contexte enlisé et violent du conflit israélo-palestinien, Tel-Aviv reste une ville ouverte à toutes les minorités, y compris sexuelles, créative, inclusive, en un mot une ville progressiste, détestée à ce titre en Israël par tous les intolérants C’est à Tel-Aviv qu’ont eu lieu les manifestations de solidarité les plus impressionnantes avec la famille de l’enfant palestinien brûlé vif par des fanatiques.

C'est d'un risible.

C'est vrai que Tel Aviv est une ville festive, une ville balnéaire, et une ville gay friendly. Mais cette façon de juger de la sociologie de Tel Aviv à l'aune des problématiques internes au Parti Socialiste français est tout bonnement ridicule. Si Anne Hidalgo juge les moeurs de Tel Aviv tellement attractives, pourquoi ne demande t-elle pas immédiatement la légalisation de la gestation pour autrui (légale chez nos amis Israéliens) ? Quand le progressisme est à géométrie variable ...

De plus, le Parti Socialiste français est surtout, sur le sujet de la question Israélo-Palestinienne comme sur d'autres, prisonnier de ses contradictions internes. Il  y a quelques années, quand l'actuel premier ministre français n'était que le maire de la ville d'Evry, il était un fervent soutien de la cause palestinienne (6). La ville d'Evry, connue pour son apparent manque de white, de blancos (si on en croit son ex maire (7)...), valait bien cela.
Aujourd'hui, il se présente comme l'ami éternel d’Israël et soutient notamment Anne Hidalgo dans son opération Tel Aviv Sur Seine. Et pour soutenir ce partenariat, l'Etat n'hésite donc pas à mobiliser des centaines de policiers (8), en pleine période de restrictions budgétaires et de mobilisation des forces de sécurité contre l'insécurité.

Simplement, en attendant que le Parti Socialiste prenne conscience de ses contradictions et dénonce également le discours de haine tenu par l'extrême gauche, comme il le faut à l'encontre de l'extrême droite, osons deux questions simples. 
D'une part, pourrait-on faire le bilan financier et le bilan carbone de l'opération Paris Plages, puis demander leur avis aux citoyens et contribuables parisiens afin de savoir s'ils sont pour ou contre le maintien d'habillage par Bertrand Delanoë d'une pratique qui existait depuis des années, à savoir l'usage estival des berges par les Parisiens et les touristes ?
D'autre part, est-ce le rôle de la mairie de Paris que de se mêler de questions diplomatiques, ou bien Anne Hidalgo devrait-elle concentrer ses efforts sur ce pour quoi elle a été désignée ? Il parait que Paris a quelques problèmes de budget (9), ainsi que de propreté (10) ...




(2) Liberation A Paris, les SDF priés de sortir de la photo 22 juillet 2006
(*) un mot ambigu puisque les résistants français contre l'occupant national socialiste, entre 1940 et 1944, étaient qualifiés de terroristes
(6) Mediapart Palestine : le revirement de Manuel Valls 31 juillet 2014
(10) Municipales 2014 à Paris @Paris, ville sale ? - Beurk sur la ville 27 juillet 2014




mercredi 12 août 2015

Et si on nommait Peter Hartz pour remplacer François Rebsamen ?

Alors comme ça, François Rebsamen, l'ex sénateur maire (socialiste) de Dijon, et ancien administrateur de la banque Dexia, préfère redevenir maire de Dijon plutôt que de poursuivre sa mission d'inversion de la courbe du chômage à la tête du ministère de l'emploi ? 

Notons donc que, contrairement à l'engagement présidentiel ("Moi président de la République, les ministres ne pourront pas cumuler leur fonction avec un mandat local, parce que je considère qu'ils devraient se consacrer pleinement à leur tâche"), Rebsamen gardait un pied dans le conseil municipal de Dijon, à l'instar de son supérieur hiérarchique à Evry, d'ailleurs, puisque, évidemment, pour être élu maire, il faut être conseiller municipal.

Se pose donc la question du remplacement de François Rebsamen, futur ex ministre de l'inversion de la courbe promise par Hollande mais qui n'arrive pas. Et la, le microcosme politico-médiatique s'interroge : Valls va t-il nommer un socialiste Hollandais pur jus ? Va t-il au contraire donner la parole aux frondeurs en nommant un Aubryste ? Montebourg signera -il son retour au gouvernement ? Voire, pourquoi pas l'ouverture façon Sarkozy, en nommant un élu Les Républicains ? Xavier Bertrand, par exemple. Mais ce faisant, cela illustre le retard de plusieurs dizaines d'années accumulé par la sphère politique. 

La forme que prend cette quête d'un successeur à François Rebsamen est quand même critiquable, car elle omet de penser un peu plus large que les frontières de l'hexagone. A aucun moment, les politiciens français ne se disent que vu que de nombreux pays européens font mieux que nous en terme de chômage, alors peut être que nous pourrions nous inspirer de recettes venues d'ailleurs, voire recruter les personnes qui ont eu des résultats positifs dans le domaine.
Après tout, les entreprises "françaises" ne comportent elles pas de nombreux cadres étrangers, et inversement, de grands groupes mondiaux ne sont-ils pas dirigés par des français ? 
De plus, l'Europe, l'Etat supranational que la France a choisi de rejoindre, n'a t-il pas aussi pour but de favoriser la mobilité professionnelle ?

Au jeu des candidats, un CV se distingue. C'est celui de Peter Hartz. Né le 9 août 1941 à Saint-Ingbert (Sarre), Peter Hartz est un dirigeant industriel allemand, membre du parti socialiste allemand (SPD) et un ancien ministre de Schroder. Il est à l'origine des réformes Hartz qui ont remanié le marché du travail allemand pendant les années 2000.
Vous direz : il a été condamné par la justice pour corruption ! Oui, et alors, aurait-on envie de répondre malicieusement ? Quand on voit le CV judiciaire des politiciens français, tant à l'UMP / les Républicains qu'au Parti Socialiste (Andrieux, Guerini, Dalongeville) sans même parler des "vieilles" affaires (Urba Graco, Pechiney Triangle, sang contaminé, MNEF, etc ...) on se dit que Hartz doit un peu être français. 
En tout cas, lui a su s'attaquer aux rigidités du marché du travail allemand.

Evidemment, la meilleure solution serait de supprimer le ministère du travail, et de faire en sorte que le gouvernement se concentre sur un objectif et un seul : créer un environnement favorable aux entrepreneurs, et laisser tomber l'objectif formel de lutte contre le chômage, au profit de la lutte pour l'employabilité. 

mardi 11 août 2015

Vive les exilés fiscaux !

Il y a de plus en plus d'exilés fiscaux (1), et c'est une bonne nouvelle !
Certes, l'expression "exil fiscal" ne décrit pas exactement la réalité, puisque parmi les gens qui partent, tous ne sont pas riches.
Mais ces forces vives ou retraitées qui ont choisi d'habiter Genève, Bruxelles, Luxembourg ou Londres sont autant de votes avec leur pieds de français qui n'en peuvent plus de la façon dont notre pays fonctionne, et qui refusent, parce qu'ils en ont les moyens financiers, intellectuels ou psychologiques, de couler avec lui.

Un enseignement pour la "droite" française : le socialisme de droite n'a pas marché. Les départs ont commencé à s’accélérer sous Fillon, vous savez, celui qui a tenté d'élever le mur de Berlin fiscal qui cerne la France, en créant l'exit tax. Quand on crée une taxe sur le patrimoine de ceux qui partent, les départs ne ralentissent pas, au contraire. 
Autre fait à noter : les migrants et autres réfugiés, quand ils le peuvent, s'installent en Allemagne ou surtout en Angleterre (2). Il faut croire que eux aussi ne croient pas plus que ça aux vertus du socialisme à la française.

Que peut-faire le gouvernement ? D'ailleurs, devrait-il faire quelque chose ? S'il considère qu'à long terme, les départs de jeunes, d'étudiants, d'entrepreneurs ou de grosses fortunes fait peser sur le pays le même risque que le départ des Huguenots, alors le pouvoir devrait agir. De plus, on peut aussi ajouter qu'on ne peut pas faire vivre un pays uniquement avec des professions réglementés, des fonctionnaires, des chômeurs, des capitalistes de connivence ou des retraités. Il faut aussi tous ceux qui, par leur énergie, créent de la richesse.
Mais le plan que le gouvernement est à la fois simple et compliqué : il s'agit de démentir l'idée que les impôts ne peuvent qu'augmenter (puisque la France, en déficit chronique, ne prélève pas assez de richesse pour faire fonctionner ses services publics et financer le social, ou alors dépense trop) et mettre fin à l'idée ancrée que l'instabilité juridique et fiscale ne cessera jamais.

Autrement dit, il faudrait qu'Emmanuel Macron parvienne à convaincre ses collègues Valls, Eckert et Sapin que la France aurait à gagner en préférant le programme du Parti Libéral Démocrate à celui du Parti Socialiste. Bon courage à lui ! En attendant, dans un pays qui refuse de voir la réalité, le vote avec les pieds des exilés fiscaux est la meilleure réponse possible face à un Etat hors de contrôle.