vendredi 11 janvier 2013

Greve des taxis Parisiens

Désolé, Mesdames et Messieurs les chauffeurs de taxis parisiens, mais Jacques Attali a raison : vous méritez ce qui vous arrive, à savoir : moins de clients. ""Les taxis n'ont à s'en prendre qu'à eux-mêmes", 100% d'accord avec cette phrase de l'auteur du rapport Attali. 

Faire grêve contre la concurrence déloyale et contre la cherté du carburant ... vraiment, Mesdames et Messieurs les chauffeurs de taxis parisiens, vous donnez envie de rouvrir et de relire la Pétition des marchands de chandelles, de Frédéric Bastiat, car vous y êtes ! 

Vous ne comprenez donc pas que si la concurrence "déloyale" se développe, c'est parce que vous avez refusé la concurrence tout court ? C'est simple, il n'y a pas assez de taxis à Paris, comment faut-il vous le dire ? 
Par le dessin ?   Vahram Muratyan et son livre Paris vs New York http://parisvsnyc.blogspot.com/ le fait avec humour

Par les chiffres ? Lisez ceux de http://moto-taxi-paris.over-blog.com/:   à Paris, il y a 2,8 taxis pour 1000 habitants contre 4,7 à Berlin, 8,6 à Londres, 11,1 à New York et même 17 à Stockholm !

Par les reportages de Bernard de la Villardière, qui, quand il n'est pas en train de traquer la drogue et la prostitution dans une capitale asiatique, suit les tribulations des nightclubbers Parisiens ?

Vous savez, Mesdames et Messieurs les chauffeurs de taxis parisiens, quand on est un touriste qui visite la capitale, un business man ou une business woman avec des rendez-vous, un malade cherchant à se rendre dans un hôpital  ou tout simplement un fêtard cherchant à rentrer chez lui après une nuit parisienne, une fois qu'on a été confronté à cette hallucinante pénurie de taxis, une fois, deux fois, dix fois, on est très content de trouver des solutions alternatives et de pouvoir se passer de vous, si possible à vie. Vous vouliez protéger la valeur de votre patrimoine ? On ne peut pas vous le reprocher. Mais ce faisant, vous aviez commencé à scier la branche sur laquelle vous êtes assis.

Vélib, mototaxis, voitures avec chauffeur, deux roues motorisés, taxis clandestins, sociétés de transport de personnes, pourquoi pensez-vous que tout cela rencontre un succès croissant ? Vous avez été trop malthusiens  trop protectionnistes, pas assez audacieux, pas assez libéraux. Vous préférez attendre 4 heures à Roissy et faire une course à 50 euros plutôt que faire 10 courses à 5 euros ? Ça peut se comprendre. Sauf que sur le Paris-Roissy, il y aura toujours un concurrent, du plus low cost (RER B) au plus haut de gamme (Voitures Jaunes par exemple). Et les 9 autres clients potentiels que vous avez ignoré, parce qu'ils ne pouvaient pas se permettre le coût du taxi, parce que vous n'étiez pas là où ils vous attendaient, parce qu'ils ne vous revenaient pas, parce qu'ils étaient très pressés, parce qu'ils voulaient un véhicule propre, ils ont  tous trouvé des solutions alternatives, des voitures d'Aziz Senni à l'Autolib, en passant par d'autres solutions.

Les libéraux vous avaient alerté, prévenu. En réaction à tous ces entrepreneurs comme Alex qui vous déteste, l'Ifrap avait fait un rapport, Contrepoints avait proposé de libérer le prix de la course, Claude Reichmann pensait à vendre les voitures des ministères ;-), Serge Féderbusch, du Parti des Libertés, vous demandait combien de temps encore fallait-il laisser la France piégée dans ses conservatismes de tout poil, Alternative Libérale avait soutenu la proposition d'abolir le monopole des Taxis Parisiens à Roissy CDG, mais vous avez tenu bon, aidés, il est vrai, par le conservatisme, le manque de courage et l'anti libéralisme de la gauche socialiste française et de l'UMP, le parti socialiste de droite.

Bravo les gars, et mesdames ! Mais maintenant que la concurrence est là, vous faites quoi ? Vous ne pourrez pas empêcher un client d'appeler un type à moto, par téléphone, pour qu'il passe le prendre.  
Paris est une ville de tourisme et d'échanges. Vous auriez pu être les rois du pétrole de cette ville qui ne demande qu'à vivre H24. Vous avez préféré en être les agents du couvre-feu. Dommage.  

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